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Paris-Montsouris
2h00, 6.7°C, 57%
1027.8hPa
Vent de direction S6 km/h
Aucun phénomène observé
Mercredi 17 mars 2010
03h20 CET - 02h20 UTC

 

Editos archivés :

Edito n°23 du 15 juin 2006

 

    Salut à toutes et à tous !



Au sommaire de ce présent édito de début d'été météorologique :


     1. Le temps en question.

  • DOSSIER : Mai 2006, le mois de tous les excès en France.
  • Suivi sécheresse en France au 15 Juin 2006.
  • Environnement.
  • Cela s'est passé en été...
     2.  Ludiquement vôtre !
  • Quizz.  
  • Le coin de l'astronome.
  • Convivialité.




     1. LE TEMPS EN QUESTION.

  • DOSSIER : Mai 2006, le mois de tous les excès en France.

   Que de remue-ménage mes amis en ce mois de Mai 2006 sur notre Pays !

Au début de la dernière décade dudit mois, à la faveur d'un flux zonal bien établi, c'est un temps instable pluvio-orageux, venteux et souvent frais qui s'instaure sur les régions septentrionales de notre Pays et ce, jusqu'en fin de mois. En début de période, deux tempêtes successives, plus communes en automne, s'abattent sur le Nord de la France à quelques jours d'intervalle.

   Dans la nuit du 19 au 20 Mai 2006, une première tempête aborde tout d'abord le Nord-Ouest. Les pressions s'effondrent rapidement à proximité du coeur dépressionnaire en Basse-Normandie. Dans la Manche (50), le baromètre chute à 991 hPa entre 6h UTC et 8h UTC. Les vents d'OSO se renforcent pour souffler pour toute la journée entre 50 et 60 km/h en vent moyen avec des rafales de l'ordre de 70 à 90 km/h. Ces vents violents s'accompagnent de températures plutôt fraîches variant peu au cours de la journée entre +11°C et +14°C, tout cela sous des précipitations significatives puisque l'on relève au cours de la nuit près de 10 mm tombés.

Idem en Haute-Normandie avec, certes, des pressions légèrement plus élevées à 993 hPa mais des vents sensiblement plus puissants puisque, à la mi-journée, on relèvera au Cap de La Hève en Seine-Maritime (76), près de 75 km/h de vent moyen de SO-OSO avec des rafales à  107 km/h. Les températures sont par contre similaires et les précipitations moindres.


   Tout cela pour dire, au final, que cette dépression bien creuse fut accompagnée sur un large quart Nord-Ouest en passant par l'Île-de-France d'un temps très instable, de précipitations sous forme d'averses (parfois faiblement orageuses) inégalement réparties mais conséquentes ponctuellement avec des cumuls de l'ordre de 10 à 30 mm localement comme par exemple à Nantes (44) avec 26 mm en 24h et de vents forts de dominante OSO présents un peu partout puisque les rafales ont souvent flirté, au cours de cet épisode, au plus bas avec les 80 km/h à Nantes (44) ou Paris-Montsouris (75) jusqu'à pratiquement 110 km/h localement au SO de l'Île-de-France surtout jusqu'en fin de matinée ou en début d'après-midi selon les localités.

   Je vous propose, pour illustrer la situation météorologique d'alors, quelques clichés issus de Photolive pris par nos ami(e)s passionné(e)s ce jour-là.

Dans le Finistère (29), la situation redevient provisoirement plus calme en fin de matinée après la nuit bien pluvieuse et venteuse. Le ciel reste pourtant très chargé et la mer agitée à forte.


Photo prise par @lain29 au Conquet (29) vers 11h15 le 20 Mai 2006.


   En Île-de-France par contre, la tourmente se poursuit en cette fin de matinée et en ce début d'après-midi. Le front pluvieux qui traverse la région en matinée, laissant au passage 12 mm à Orly (94), est suivi d'un coup de vent tempétueux. Par exemple, à Orly (94), on relève des rafales de vent de dominante SO de l'ordre de 80 à 100 km/h entre 13h et 17h. Même topo à Melun (77) où l'on relève entre 13h et 15h des rafales de SO de 96 km/h à 104 km/h sans précipitation importante par contre.


Photo prise par thib91 à Evry (91) vers 14h00 le 20 Mai 2006.

   Au final, comme cela était prévisible, les dégâts sur la végétation fragilisée, puisqu'en pleine croissance, sont parfois considérables d'autant plus que la portée aux vents des arbres feuillus en cette période de l'année est importante contrairement à ce que l'on peut observer au cours des tempêtes de fin d'automne ou d'hiver puisque, dans ce cas précis, les arbres à feuilles caduques se retrouvent dépourvus de feuilles, il va sans dire.

   Dans la nuit du 21 au 22 Mai 2006, dans le sillon de la précédente tempête, une autre dépression très creuse balaie le Nord-Ouest. C'est au cours des premières heures du 22 Mai que la force des vents de dominante SO atteint son paroxysme.

On relève par exemple entre 00h et 02h UTC des vents par rafales de 119 km/h sur Belle Île - Le Talut (56) associés à des vents moyens de 64 à 72 km/h. D'ailleurs, bien qu'allant en s'atténuant, le vent soufflera par rafales proches de 80 km/h jusqu'à 12h UTC environ. Dans le même temps, on enregistre des rafales de 111 km/h sur l'Île de Groix (56).
A Brest - Guipavas (29), il tombera au passage de la tempête 15 mm en 24h avec un vent de 80 à 90 km/h par rafales et surtout une pression chutant vertigineusement à 987 hPa aux premières heures du 22 Mai.
Mais c'est en Loire-Atlantique (44) et plus précisément à la Pointe de Chemoulin que le vent de SO soufflera le plus violemment avec des rafales de 115 km/h à 02h UTC et un vent moyen de 90 km/h et même une pointe instantanée à 122 km/h vers 03h UTC  !

   Ce temps perturbé, pluvieux, venteux et parfois frais se poursuivra durant quelques jours encore sur la moitié Nord. D'ailleurs, la différence très nette de temps entre le Nord soumis au flux zonal sous les nuages et le Sud influencé par les conditions anticycloniques et baigné de soleil était assez spectaculaire si l'on observait cela d'un peu plus haut, c'est-à-dire de l'espace. Hormis le Maghreb et particulièrement l'Algérie dominée par un système pluvio-orageux en relation avec une goutte froide d'altitude, c'est un petit quart Sud-Est de la France ainsi que la quasi-totalité du Bassin Méditerranéen qui sont protégés par l'anticyclone subtropical.


Meteosat 8, le 25 Mai 2006 à 12UTC.

Mais c'est réellement à partir des 26 et 27 Mai que la situation s'emballe dans la moitié Sud et particulièrement sur le pourtour méditerranéen du Cap Béar à l'Ouest varois. Le temps anticyclonique perdure mais la sécheresse et surtout la chaleur caniculaire s'imposent graduellement.




   Quelques explications s'imposent grâce à nos habituelles cartes GFS à 500 hPa et 850 hPa. L'anticyclone méditerranéen subtropical est positionné de telle sorte jusqu'au 27 Mai au soir que la partie méridionale et notamment Sud-Est de l'édifice aspire à toutes les altitudes la forte chaleur présente sur le continent Nord africain, notamment au niveau de la Libye et en provenance du désert saharien. Résultat, les hauts géopotentiels sont propulsés en direction du Golfe du Lion entre autres (-10° à 500 hPa) et en basse couche, la chaleur associée les accompagne avec des températures souvent comprises entre 16° et 20° à 850 hPa sur tout le Bassin Méditerranéen. A cela, au niveau de la mer, vient s'ajouter un phénomène qui ne va faire qu'amplifier la canicule. Au sol et en basse couche, l'anticyclone génère un flux de Nord marqué. Qui dit flux de Nord marqué dans le Golfe du Lion et en Provence, dit Mistral... Et qui dit Mistral, dit effet de Foehn par assèchement de la masse d'air. Au final, la présence d'une masse d'air chaud à la base, foehnée de surcroît, provoque une explosion du mercure notamment du 27 au 29 Mai au niveau des régions littorales méditerranéennes des Pyrénées-Orientales au Var en passant par la Corse un peu plus tard.

   Le 27 Mai, la chaleur qui s'était déjà manifestée dans le Montpelliérain la veille s'accentue et s'étend aux micro-régions et départements limitrophes. Comme je le disais précédemment, la masse d'air est déjà initialement bien chaude. Mais le Mistral qui se lève va se charger de ramener l'air chaud et sec accumulé dans les terres vers le littoral inhibant définitivement l'action habituelle et régulatrice des brises marines, fraîches et humides sur les températures de la frange côtière, d'autant plus que la mer est encore fraîche en cette fin de mois de Mai ce qui, normalement, tempère les ardeurs du soleil puissant et limite la montée du mercure de manière imparable contrairement aux régions continentales.  

Déjà, ce jour-là, Perpignan-Rivesaltes (66) avec une Tx de +33.7°C aura flirté avec son record absolu de Tx pour un mois de Mai (+34.4°C le 29/05/01).

De plus, effet du Mistral oblige, même en pleine nuit, les températures ne baissent que discrètement autour du Golfe du Lion pour rejoindre des valeurs similaires à celles que l'on retrouve sur la Péninsule Ibérique, notamment en Andalousie.

   Mais c'est au cours des journées du 28 et 29 Mai que la canicule atteint son paroxysme sur les régions méridionales tandis qu'au niveau des régions septentrionales, grosso modo au Nord du 45ème parallèle, malgré un temps plus que variable, les températures restent douces aussi le 28 avant un radical changement qui s'opèrera par le Nord du Pays dès le lendemain et sur lequel je reviendrai plus tard.

   Dès le lever du jour, les Tn sont souvent égales ou supérieures à +20°C notamment sur le littoral du Languedoc-Roussillon puisqu'il fait déjà par exemple +22.0°C de Tn à Leucate (11). De midi jusque tard en fin d'après-midi vers 20h, la canicule se généralise à l'ensemble du Golfe du Lion de l'Ouest varois aux Pyrénées-Orientales (66) et les températures naviguent entre +30° et +35°C.

De nombreux records absolus de Tx pour un mois de Mai seront battus sur toute la frange littorale si l'on excepte le littoral azuréen et corse encore soumis aux brises marines d'Est Sud-Est, humides et fraîches qui tempèrent l'ascension du mercure de façon raisonnable entre +22° et +24°C de Tx.

 

Voici la liste non exhaustive des records absolus de Tx pour un mois de Mai enregistrés sur le pourtour méditerranéen ce dimanche 28 Mai 2006 :

Dans le Var (83) :

  • +28.9°C au Cap Cépet (record égalé).
  • +34.8°C à Besse-sur-Issole.
  • +35.6°C à Hyères - Le Palyvestre.
  • +35.8°C au Luc - Le Cannet-des-Maures.
  • +37.0°C à Hyères - Plage.

Dans les Bouches-du-Rhône (13) :

  • +32.7°C à Aubagne.
  • +32.8°C à Istres (record égalé).

Dans le Gard (30) :

  • +32.0°C au Grau-du-Roi.

Dans l'Hérault (34) :

  • +32.7°C à La Grande Motte.
  • +33.1°C à Sète.
  • +35.1°C à Montpellier.

 

Après une journée dominicale des plus caniculaires, au lever du jour de ce Lundi 29 Mai 2006, les Tn sont particulièrement élevées pour la saison au niveau des zones littorales qui ont dépassé les +30°C la veille par effet de Foehn persistant.

On relève entre autres :

  • +20.1°C de Tn au Cap Cépet (83).
  • +21.3°C de Tn à Leucate (11).
  • +21.7°C de Tn à Calvi (2B).
  • +21.8°C de Tn à Perpignan-Rivesaltes (66).
  • +22.8°C de Tn au Cap Béar - Port Vendres (66).

 Pourtant, comme je l'ai évoqué précédemment brièvement, le temps change en ce 29 Mai... Et il va changer radicalement en quelques heures d'ailleurs... passant subitement d'un temps stable et chaud voire caniculaire à un temps très frais pour la saison et instable.

    Mais que se passe-t-il donc pour que le temps bascule d'un extrême à l'autre en si peu de temps ? Eh bien, ce n'est pas très compliqué, il suffit d'analyser ensemble nos cartes GFS à 500 hPa et 850 hPa.

   Concernant la carte à 500 hPa dès le début de soirée du 28 Mai, l'anticyclone subtropical méditerranéen a la mauvaise idée en surface de quitter le Bassin Méditerranéen pour migrer plus au Nord vers le Groenland tout en s'étirant sur le Proche Atlantique des Açores au Pôle Nord comme l'indique la flèche rouge. A haute altitude, les hauts géopotentiels qui nous quittent progresseront, au fil des jours, jusqu'en Islande. Conséquence inéluctable, la vaste barrière anticyclonique fait barrage à l'alimentation du flux zonal et donc aux dépressions atlantiques qui sont classiquement accompagnées de douceur océanique. Le flux n'a d'autre choix que de s'orienter au plein Nord ou Nord Nord-Ouest dépressionnaire (orientation de la flèche bleue). Une puissante descente froide pour la saison se met en place, orchestrée non seulement par le flux de Nord généré par le flanc Est de l'anticyclone mais aussi et surtout par le flanc Ouest de la vaste zone dépressionnaire centrée en différents points de la totalité de la Scandinavie et associée à de bas géopotentiels à haute altitude.

   A 850 hPa soit environ 1500m d'altitude, le violent flux de Nord perturbé (qui s'instaure d'ailleurs à toutes les altitudes en fait) va chasser les masses d'air subtropicales (+10° à +20° à 1500m) présentes jusqu'à présent sur le territoire au sol et à 850 hPa rapidement du Nord vers le Sud...

 

    Au Nord et surtout sur un large quart Nord-Est, l'Ouest étant relativement épargné par le mauvais temps grâce aux conditions anticycloniques qui règnent sur le Proche Atlantique et débordent sur la façade Ouest, c'est un temps très frais et très instable qui s'impose sous l'effet de la percée du vortex polaire en cours d'après-midi. Celui-ci déstabilise totalement l'atmosphère dépressionnaire par très important conflit de masses d'air. Au final, ce sont de fortes averses, des précipitations abondantes (on relève parfois jusqu'à plus de 30 mm en Alsace que ce soit dans le Haut-Rhin (68) ou dans le Bas-Rhin (67)) et une bonne instabilité pluvio-orageuse voire grêligène qui s'activent rapidement, le tout dans une atmosphère particulièrement fraîche.


Photo prise par max Lerouge à Escobecques (59) le 29 Mai 2006 à 19h15 - Alternance de pluies très intenses sous orage et de brèves éclaircies dans la banlieue lilloise sous un ciel chaotique.


Photo prise par Univertel à Besançon (25) le 29 Mai 2006 vers 21h21 - Après le passage de 3 fronts pluvio-orageux et 29mm au pluvio, un peu d'activité électrique pimente la soirée.

   En revanche, dans le Sud, à l'avant du talweg et du flux de Nord perturbé, c'est une cyclogenèse importante qui naît classiquement dans le Golfe de Gênes. Faisant écho à celle qui est centrée en Scandinavie, une dépression se creuse donc dans le Golfe de Gênes. Conséquence, puisque l'air chaud est encore présent quelques heures dans les régions méridionales, c'est du soleil et du vent fort, doux voire chaud et sec par effet de Foehn dans l'Extrême Sud-Est qui sont au programme de ce Lundi. Vent de Nord dans la Vallée du Rhône, Nord-Ouest sur Languedoc-Roussillon, Provence et Ouest varois, Ouest Sud-Ouest sur le littoral azuréen, Balagne et Cap Corse. Les pressions dégringolent de plus de 15 hPa en un peu plus de 24h, passant de 1015 à 1020 hPa à moins de 1000 hPa dans le secteur.

  

Photo prise par Dominique Tison à Albo, Ouest Cap Corse (2B) le 29 Mai 2006 vers 19h40 - Les Ac Lenticulaires à moyenne altitude sont sculptés par le fort flux d'Ouest Sud-Ouest qui circule au-dessus de la Corse. 

   En milieu de soirée, le contraste de température entre la frange littorale méditerranéenne, la basse et moyenne Vallée du Rhône (et dans une moindre mesure l'Extrême Sud-Ouest) soumises au vent foehné et le reste du territoire sous l'instabilité résiduelle et la fraîcheur associée est saisissant ! C'est le grand écart entre les frontières belges qui affichent une température de +5° à +6°C et le littoral des Pyrénées-Orientales (66), du Var (83), des Alpes-Maritimes (06) et de la Haute-Corse (2B) qui affichent de +21°C à +23°C en milieu de nuit, voire +24.3°C à Cannes-Mandelieu (06) ou +26.1°C à Solenzara (2A).     

Le creusement de la dépression dans le Golfe de Gênes fera souffler fort le vent dans les mêmes zones au cours de la nuit et l'on relèvera même des rafales d'Ouest Sud-Ouest (Libecciu) à 108 km/h sur L'Île-Rousse (2B) et de 138 km/h à Ersa, Cap Corse (2B).     

   Contraste tout aussi saisissant lorsque l'on prend la carte des Tx relevées sur le territoire ce 29 Mai 2006. Les +13°C à +14°C de Tx de la Bretagne, des Côtes de La Manche, du Nord Pas-de-Calais et des Ardennes à l'Alsace côtoient sur cette carte les Tx encore proches de la canicule du littoral méditerranéen, bien qu'en légère baisse malgré tout par rapport à la veille, exception faite de l'Extrême Sud-Est où elles augmentent par effet de Foehn. On relève plus de +30°C à Calvi (2B), Hyères (83), plus de +31°C à Porto-Vecchio (2A). De nouveaux records de chaleur tombent ce jour-là :   

  • Cannes - Mandelieu (06) : +31.7°C.
  • Fréjus (83) : +32.6°C.
  • Corte - Aérodrome (2B) : +33.0°C.  

  Dans la nuit du 29 au 30 Mai, nos deux centres d'action principaux sont toujours aussi effroyablement bien placés pour que des évènements rares pour la saison soient susceptibles de se produire au cours des prochaines heures. L'anticyclone est toujours positionné des Açores au Groenland. Quant à la vaste zone dépressionnaire, elle aussi est toujours là, centrée au Sud de la Finlande. C'est une véritable autoroute d'air très froid et instable (flèches bleues) à toutes les altitudes qui est en train de débouler en provenance de l'Arctique sur l'Hexagone en flux de Nord Nord-Ouest comme rarement (voire jamais) on a pu en observer fin Mai/début Juin au cours des années précédentes. Le coeur de la goutte froide à -30°/-32°C à 500 hPa (exceptionnel pour la saison) balaiera tour à tour le Sud de l'Angleterre, le Benelux et les frontières du Nord-Est du Pays au cours des heures suivantes. En ce qui concerne la dépression secondaire dans le Golfe de Gênes, en se décalant progressivement vers le Nord-Est et les Balkans, elle va contribuer à advecter et diffuser cet air polaire, froid et instable sur le Bassin Méditerranéen Occidental.

   A 850 hPa, à moyenne altitude, l'air froid prend le même chemin et les rarissimes 0° à -3°C pour la saison envahissent le Pays par le Nord. Comme je ne cesse de répéter plus ou moins de la même façon depuis tout à l'heure, le différentiel important de température entre les différentes altitudes (+10° à +15°C au sol, 0° à -3°C à 1500m et -30°C à -32°C à 5500m grosso modo) associé à une masse d'air instable et dépressionnaire à toutes les altitudes également va provoquer rapidement une déstabilisation importante de l'atmosphère avec son lot de précipitations convectives (orages de grêle, de neige à basse altitude, fortes averses/précipitations abondantes, etc, etc.) sur les régions concernées du quart Nord-Est.  

Et bien évidemment, on n'y échappe pas. Comme prévu, la journée du 30 Mai est marquée par une belle instabilité qui se manifeste sur la partie Nord du Pays et particulièrement sur le quart Nord-Est. Dans l'après-midi notamment, l'Alsace, les Vosges, les Ardennes, la Franche-Comté sont soumises à de vraies giboulées de Mars c'est-à-dire un temps alternant entre larges périodes de temps ensoleillé frais et nombreux passages d'averses souvent modérées et faiblement orageuses. La neige fait son grand retour dans le même temps sur les Vosges et le Jura dès 800 à 900m et dans les Alpes du Nord dès 1200m environ ce qui ne s'était plus vu depuis le début des années 80 !   

Photo prise par sommand74 à Mieussy (74) [650m] le 30 Mai 2006 vers 08h23 - Retour de la neige sur Pertuiset (1500m) et sur la Vallée du Giffre dans la nuit.

Photo prise par orage à Strasbourg (67) le 30 Mai vers 15h30 - Ciel instable.

Photo prise par Philippe à Saint Laurent en Grandvaux (39) [920m] le 30 Mai 2006 à 18h05 - Les averses de neige ne tenant pas au sol se succèdent depuis le matin.

La fraîcheur marquée gagne une grande partie du territoire. Les Tn sont basses surtout au Nord de la Loire et il n'est pas rare d'observer çà et là dans les campagnes de l'Île-de-France et du Nord-Est quelques gelées blanches au sol ou sur différents supports. En Méditerranée, les Tn tentent de résister tant bien que mal autour de +14°C, jusqu'à +19.6°C à Porto-Vecchio (2A).

Concernant les Tx, le long de la frontière belge et en Belgique, du Luxembourg à l'Alsace, on a franchement du mal à dépasser +12°C à +13°C. En Méditerranée, au niveau des zones les plus exposées au vent frais, de Perpignan à Toulon en passant par la façade occidentale de la Corse, les +20°C à +23°C sont difficilement atteints tandis que l'Extrême Sud-Est et la façade orientale de la Corse tiennent le coup encore pour quelques heures par effet de Foehn avec des températures comprises entre +25°C et +27°C et même +31.4°C à Porto-Vecchio (2A).

Au cours de la journée du 31 Mai 2006, nos deux centres d'action principaux, à savoir l'anticyclone sur le Proche Atlantique et la dépression sur la Scandinavie entament leur lent décalage vers l'Est. La dépression secondaire dans le Golfe de Gênes, quant à elle, a plutôt tendance à faire du surplace. A haute altitude à 500 hPa, le vortex polaire continue de s'enfoncer vers le Sud et le -25°C exceptionnel pour la saison atteint la Méditerranée et tangente la Corse dès la mi-journée. Toutefois, la progression du vortex polaire est quelque peu contrariée par la poussée anticyclonique et par conséquent les hauts géopotentiels qui poussent vers l'Est. Au final, seul le quart Sud-Est du territoire est pleinement affecté par les effets de la percée polaire. Le flux s'oriente à toutes les altitudes au Nord-Est sous la confrontation entre anticyclone et dépression génoise. Les retours d'Est s'activent alors rapidement de la Provence-Alpes-Côte-d'Azur à la Corse mais principalement, comme souvent, du Comté niçois (06) à la Haute-Corse (2B).

A 850 hPa soit 1500m tout comme au sol, le froid directement descendu du Pôle Nord atteint son paroxysme sur la France. La quasi-totalité de la moitié Nord du Pays se retrouve sous des températures inférieures à 0°C à cette altitude voire jusqu'à -2°/-3°C localement ! Le froid s'est cette fois-ci diffusé sur tout le territoire jusqu'à l'Extrême Sud-Est, Corse comprise. Les températures chutent à +2°/+4°C sur le littoral méditerranéen, ce qui est exceptionnel pour la saison.

Meteosat 8, le 31 Mai 2006 à 12h UTC.

   Au vu de l'image satellitaire de cette mi-journée, on se rend bien compte que l'air froid qui a envahi notre territoire provoque une instabilité marquée (sous forme la plupart du temps de nombreuses averses parfois orageuses et de giboulées de neige à basse altitude) que l'on peut identifier aisément ici puisqu'elle est matérialisée par une myriade de petits points blancs qui transitent au-dessus du ciel de la France. Une boule blanche nettement plus compacte se dessine dans le Golfe de Gênes. C'est tout simplement une forte instabilité pluvio-orageuse et neigeuse à basse altitude qui prend naissance spontanément dès la mi-journée au niveau des régions limitrophes du Golfe lorsque l'air froid et instable arrive à l'aplomb d'une mer à +20°C et de terres déjà à +21°/22°C. Le conflit de masses d'air qui s'opère déstabilise totalement l'atmosphère. On observe tout de même des écarts de température très importants en fonction des altitudes de l'ordre de +15° à +17°C du sol à 1500m d'altitude (850 hPa) et de l'ordre de +45°C entre le sol et 500 hPa et de l'ordre de +30°C entre 850 et 500 hPa, ce qui n'est pas, il va sans dire, sans effet sur l'activation de la convection.  En limite du système dépressionnaire, on distingue très bien également les effets du Mistral et de la Tramontane dans leur domaine respectif puisqu'ils assèchent la masse d'air tout autour du Golfe du Lion, dans la Vallée du Rhône et en Provence bien entendu. Pour finir, impossible de rater également l'anticyclone positionné sur le Proche Atlantique qui protège une petite frange Ouest de la France.

Pour que cela soit moins solennel et pesant, je vous propose, là encore grâce à nos ami(e)s photographes contributeurs de la rubrique Photolive, de découvrir comment au final le temps a évolué de façon chronologique dans le Sud-Est du Pays au travers de différents clichés réalisés au cours de ce Mercredi.

Photo prise par Sigma au Beausset (83) le 31 Mai 2006 vers 06h50.

Comme les jours précédents, un fort Mistral souffle en Provence. Il est froid et sec. Comme souvent, pour ne pas dire tout le temps, en pareille situation météorologique c'est-à-dire par retours d'Est qui se mettent en place, le flux de Nord n'apporte rien d'autre sur la région que ces malheureux mais pour le moins magnifiques Altocumulus Lenticularis sculptés par le puissant flux de moyenne altitude. Rien d'autre à espérer dans cette zone en terme d'instabilité.

Photo prise par Jolafh le 31 Mai 2006 à 10h51 dans le Champsaur (05).

A l'instar du Champsaur, tout l'arc alpin français (au moins) est subitement frappé par cette offensive hivernale tout à fait improbable pour la saison à la veille du premier jour de l'été météorologique. Au Col Agnel dans le Sud-Est du Queyras à 2650m d'altitude, on relève une température de -7°C à 11h alors qu'il ne dégèle plus là-haut pour le 2ème jour consécutif. Au niveau des premiers contreforts des Alpes-Maritimes (06), les sols blanchissent dès 800 à 1000m d'altitude. On relève rapidement plusieurs cm de neige au sol en altitude dans l'arrière Pays Niçois notamment à Auron (1600m) ou Valberg (1700m).

 

Photo prise par fredou à Antibes (06) le 31 Mai 2006 à 12h06.

Pendant ce temps, sur le littoral azuréen, la situation se dégrade considérablement à la mi-journée de façon subite. Après une matinée superbe et douce puisqu'il faisait plus de +21°C en fin de matinée vers 11h, sous l'arrivée massive d'air froid instable à toutes les altitudes, le ciel se couvre rapidement de Cb bien noirs, le vent d'Est se lève et il se met à pleuvoir parfois de façon conséquente sous les cellules orageuses les plus virulentes peu de temps après. On relèvera même de la grêle çà et là. Mais le fait marquant de cette journée restera la chute vertigineuse du mercure observée sur le littoral. On perdra localement en 3 à 4h sur le littoral (grosso modo de la fin de matinée au milieu d'après-midi) 10° à 13° dont 7° à 9° en moins d'une heure ! en passant souvent de +21°C à moins de +10°C... 

En pleine après-midi, on relève des températures tout simplement hallucinantes pour une fin Mai en pleine journée de Nice à Cannes en passant par Villeneuve-Loubet ou Saint-Jean Cap-Ferrat... un peu plus de +8°C au Cap Ferrat, un peu plus de +9°C à Nice ... Sachant que le record absolu de Tn à Nice pour un mois de Juin est de +8.1°C le 06 Juin 1969. Je vous ai entouré les effets impressionnants de l'arrivée de l'air polaire au-dessus du littoral azuréen, capcorsin, balanin et bastiais et de l'instabilité pluvio-orageuse, grêligène et neigeuse associée sur la chute effrénée et localisée du mercure dans ces zones. A quelques encablures de là, sur le littoral varois (83) de Hyères à Toulon, malgré le vent frais et sec, modéré à fort, il fait tout de même comparativement +21°C à +22°C sous un soleil radieux, ce que l'on observait d'ailleurs quelques heures auparavant dans les localités précitées affectées plus tard par le mauvais temps.

 Photo prise par Cyril94 à Paris le 31 Mai 2006 à 12h24.

Paris, tout comme une bonne partie du territoire, comme l'image satellite a pu nous le montrer précédemment, le flux de Nord Nord-Ouest apporte sans cesse de l'humidité et de l'air frais en basse couche remplaçant souvent l'air chaud situé au sol. Du coup, le ciel reste chaotique sous les nombreux Cu humilis et congestus.   

Photo prise par meteomania2b dans l'Ostriconi en Balagne (2B) le 31 Mai 2006 à 14h00.

Schéma météorologique chronologiquement identique à la Côte d'Azur lorsque l'air froid instable arrive à l'aplomb de l'Île de Beauté par le Nord en fin de matinée. Après une matinée superbe, déstabilisation rapide de la masse d'air. Le ciel est subitement devenu chaotique et bien noir alors qu'un vent d'Est Nord-Est froid, humide et fort s'est levé sans crier gare. Les orages éclateront dès le début d'après-midi sur la ville de Bastia, accompagnés de pluies modérées jusqu'en milieu d'après-midi et de quelques coups de tonnerre. La neige fera son apparition sur les reliefs de l'intérieur dès 1500/1600m (le San Pedrone (1776m) en Castagniccia est enneigé en son sommet). Mais là encore, le fait marquant de cette journée fut la baisse immodérée du mercure sur le littoral bastiais puisque des +21°C enregistrés en fin de matinée sous un soleil radieux, il ne faisait plus que +10°C à 17h au passage ou à l'arrière des orages !

Photo prise par Grelibre le 31 Mai 2006 vers 14h00 au pied de la Dent de Crolles (38) vers 1500m d'altitude.

A moyenne altitude en ce début d'après-midi, on relève des températures flirtant avec le 0°C sous des averses de neige plus ou moins régulières. Même si la couche de neige n'est finalement pas très importante la plupart du temps avec 5cm environ au sol au-dessus de Grenoble notamment, il n'en demeure pas moins que le phénomène reste assez remarquable pour la saison ! Toutefois, dans certains massifs des Alpes du Nord, la couche de neige est plus importante comme en Chartreuse avec une quinzaine de centimètres, en Vanoise et en Haute-Savoie avec 20 à 25 cm.

Photo prise par Olivier Galléa à La Seyne-sur-Mer (83) le 31 Mai 2006 à 19h36.

Voici une partie de son commentaire illustrant la prise de vue :

   Après une journée des plus classiques dominée par le Mistral vigoureux dans un ciel d'azur sur le littoral varois, les retours d'Est concernant l'Est du département auront fini par gagner provisoirement la partie face au Mistral !
Subitement le vent a tourné, passant de l'Ouest Nord-Ouest à un flux modéré d'Est Nord-Est vers 16h30. La conséquence immédiate fut bien visible dans le ciel avec l'arrivée de cumulus isolés, très rapidement suivis d'altocumulus pré-orageux et de cumulus bien plus sombres comme on n'en avait plus vu depuis plus de deux mois. Alors que l'hygrométrie était proche des 20% jusque là, elle a subitement grimpé autour des 70%. Le ciel instable jusqu'à la région toulonnaise n'aura jamais progressé davantage vers l'Ouest, du moins sur le bord de mer, contenu par le Mistral persistant sur les Bouches-du-Rhône. Du coup, si le ciel était très sombre et instable à l'Est puis au dessus de l'agglomération toulonnaise, il sera resté d'un grand bleu vierge de tout nuage vers l'Ouest comme le montre cette photo. Le contraste était saisissant entre les deux masses d'air d'origines différentes, les rayons du soleil arrivant par l'Ouest mettant en valeur le ciel noir à l'Est.
Vers 19h30, un éclair proche sur la mer au Sud-Est fit sursauter de joie les passionnés locaux, tellement sevrés depuis de longues semaines. 3 ou 4 autres coups de tonnerre furent ensuite audibles sur l'agglomération, en marge de ce petit orage resté en mer. Des rideaux de pluie étaient visibles sur les proches collines toulonnaises ainsi qu'à l'Est et sur la mer, et finalement la station du Cap Cépet située plus près de l'orage aura recueilli 5mm, soit plus qu'en 2 mois, celle de Toulon La Mître aura relevé 2mm. Si ce cumul reste évidemment insignifiant, nous aurons au moins eu droit au plaisir des yeux en cette fin de journée. Sous l'orage, la température aura atteint la Tn de ces dernières semaines avec 10,6°C, la Tn du matin était elle de 11,6°C. L'orage s'est ensuite rapidement éloigné en mer, et le ciel était déjà étoilé en milieu de soirée, le vent devenant variable faible et offrant enfin une pause bien méritée après plusieurs jours de Mistral violent, parfois tempétueux.

 Photo prise par Dominique Tison le 31 Mai 2006 vers 19h45 à Borgo - Ortale (2B).

   Alors qu'au cours de l'après-midi il n'était tombé que de 10 à 40 mm sur la ville de Bastia et sa banlieue proche, il en était autrement en début d'après-midi dans la région de Borgo au Sud de Bastia de 14h à 15h pour le gros de l'épisode, les éléments se sont déchaînés sous une virulente cellule localisée qui s'étendait disons sur 6/7km de large d'Oletta vers la mer à l'Est Nord-Est en passant par le Sud de l'Etang de Biguglia entre Biguglia et Borgo. Pendant une grosse heure, ce fut la fin du monde avant que l'orage ne se décale progressivement vers le Nord-Est en mer, notamment sous une fine bande de 3 à 4 km comprise dans la bande des 7km de l'orage. Là, ce sont des pluies torrentielles qui se sont abattues pendant plus d'une heure avec des intensités de pluie constantes variant au plus bas sur les radars de 150 mm/h à pratiquement 400 mm/h au plus fort de la violence du phénomène. Mais l'évènement encore plus marquant de cet épisode, ce sont les chutes de grêle démentielles d'un diamètre d'un cm qui y ont été associées (La grêle est un phénomène rare en Corse même sous orage mais alors là, je crois que c'est du jamais vu...) puisqu'on a relevé près de 15 à 20 voire localement 30 cm de grêle au sol au paroxysme de l'orage... Il est fortement probable, au vu des radars pluie, que cette zone ait reçu en une heure au moins 70/80 mm voire plus de 100 mm à vue de nez... Circulation automobile du coup très perturbée pendant quelque temps et dégâts importants localement notamment sur les toitures d'une cinquantaine de maisons (une vingtaine de personnes ont dû être relogées dans l'urgence) mais aussi sur la végétation et les différentes cultures de cette partie Nord de la Plaine Orientale hachées menu. Melons, pastèques, courgettes, laitues ont fait les frais de cette dégradation subite des conditions atmosphériques. Ce sont au total 40 hectares de cultures maraîchères qui ont été détruites. Parmi les maraîchers sinistrés, les frères Dolesi qui exploitent une cinquantaine d'hectares principalement à Biguglia mais aussi à Borgo depuis peu où ils avaient planté 15 hectares de melons. " Nous étions entrés en production et le matin du 31 Mai nous avions récolté 500 kg mais il a été impossible de poursuivre dans l'après-midi, la grêle formait un tapis de 20 cm. Nos pertes se chiffrent à 100% [...] Les salades n'ont pas résisté, nous en avons perdu 100 000, soulignent-ils, en 57 ans, je n'ai jamais vu ça ! "

 4 à 5h après l'épisode,la couche de grêle au sol était toujours là, toujours aussi épaisse par endroits sur les bas côtés des routes, sur les pelouses, les toits des maisons comme nous le montre très bien la photo ci-dessus.  Finalement, dans la nuit du 31 Mai au 1er Juin, l'instabilité résiduelle s'évacuera lentement vers le Sud. Il tombera au passage en seconde partie de nuit 62 mm à Porto-Vecchio - La Chiappa (2A).

Meteocentre, le 1er Juin 2006 à O2h.

Finissons cette journée du 31 Mai par les cartes des Tn et des Tx relevées ce Mercredi.

De nombreux records journaliers sont battus ce jour-là. Commençons par les Tn :

  • Aurillac : +0.4°C (précédent record +1.5°C le 31 Mai 1980).
  • Biarritz+8.7°C (précédent record +9.1°C le 31 Mai 1984).
  • Bourges : +3.7°C (précédent record +4.1°C le 31 Mai 1972).
  • Châteauroux : +2.3°C (précédent record +5.0°C le 31 Mai 1972).
  • Gourdon : +1.7°C (précédent record +4.2°C le 31 Mai 1967).
  • Le Puy : +0.2°C (précédent record +1.2°C le 31 Mai 1990).
  • Mont Aigoual : -3.0°C (précédent record -1.6°C le 31 Mai 1986).
  • Nice : +8.8°C (précédent record +9.4°C le 31 Mai 1986).
  • Orly : +5.3°C (précédent record +5.4°C le 31 Mai 1986).
  • Poitiers : +1.8°C (précédent record +4.1°C le 31 Mai 1972).
  • Rennes +4.0°C (précédent record +4.5°C le 31 Mai 1949).
  • Tours : +3.0°C (précédent record +4.3°C le 31 Mai 1986).
  • Villacoublay : +4.3°C (précédent record +4.6°C le 31 Mai 1972).

Concernant les Tx :

  • Marseille - Marignane : +18.0°C (précédent record +18.6°C le 31 Mai 1967).
  • Metz : +12.2°C (précédent record  +13.0°C le 31 Mai 1954).
  • Trappes : +12.8°C (précédent record +13.0°C le 31 Mai 1965).
  • Villacoublay : +12.7°C (précédent record +12.9°C le 31 Mai 1965).

 

La journée du 1er juin 2006 est marquée par une accalmie relative en terme d'instabilité sur le Pays. Néanmoins, on peut observer toujours à droite et à gauche quelques averses résiduelles dans le Nord-Est et le Sud-Est et également notre sempiternel Mistral qui souffle constamment modérément dans la Vallée du Rhône, en Provence ainsi que dans le Roussillon soit de secteur Nord, soit de secteur Nord-Ouest. En Corse, c'est le Grecale de secteur Nord-Est froid et sec qui s'y met.

Meteosat 8, le 1er Juin 2006 à 12h UTC.

   A la mi-journée, les contours de l'anticyclone qui progresse inexorablement vers l'Est sont clairement visibles. Une large façade Ouest du Pays est désormais sous son influence protectrice de même que les trois quarts Nord de la Péninsule Ibérique. De la Galice à la Plaine du Pô en passant par le Golfe du Lion, le temps est superbe. Seul un large quart Nord-Est du Pays est affecté de façon résiduelle surtout sous forme nuageuse par la perturbation centrée dans les parages du Danemark à présent qui s'évacue elle aussi très rapidement en direction du Nord-Est de la Finlande. Quant à la dépression secondaire dans le Golfe de Gênes, elle s'évacue également vers le Sud-Est et n'affecte plus la Corse que sous forme souvent nuageuse, temporairement pluvieuse par averses intermittentes.

Ce qui marque finalement cette journée de Jeudi, ce sont de nouveau les Tn très basses que l'on observe aux quatre coins de la France.




Des records absolus de froid cette fois-ci pour un mois de Juin sont battus :

  • 0°C à Romorantin.
  • 0°C à Blois.
  • +0.5°C à Fontainebleau.
  • +0.5°C à Courdimanche.
  • +0.8°C à Orléans.
  • +2.2°C à Saint-Girons.
  • +2.7°C à Auch.
  • +3.1°C à Bergerac.

 
Les températures maximales, quant à elles, ne chutent plus et restent stables. On peut même observer localement une légère hausse du mercure. Toutefois, on reste largement en-dessous des normes de l'ordre de 2° à 6° selon les régions.

On aurait pu penser qu'à ce stade, le plus gros de cette offensive hivernale était passé... Eh bien oui, c'était bel et bien le cas... mais pas pour tout le monde

   Comme prévu , la barrière anticyclonique se reconstitue entre les 2 centres de haute pression, l'un positionné sur l'Irlande, l'autre sur la Russie isolant par conséquent le centre dépressionnaire qui nous avait valu toutes ces intempéries au cours des jours passés au Nord de la Finlande. Les hauts géopotentiels des 2 pôles anticycloniques qui tentent de fusionner sectionnent littéralement au passage le vortex polaire qui s'évacuait vers le Nord-Est. La nouvelle goutte froide ainsi formée (-25°C à 500 hPa) emprunte en flux de Nord-Est l'ancien sillon de bas géopotentiels laissé par le passage récent de la percée polaire, plonge et vient s'isoler au-dessus de la Corse temporairement, bloquée à l'Ouest par l'anticyclone et les hauts géopotentiels et à l'Est par l'ancienne dépression secondaire dans le Golfe de Gênes qui s'évacuait progressivement vers l'Est Nord-Est au Nord de la Grèce dans les Balkans et qui avait provoqué le mauvais temps que l'on avait connu moins de 48h auparavant. Au final, sous l'effet de cette nouvelle arrivée massive d'air polaire instable, une Nième dépression se creuse au-dessus de l'Île de Beauté, alimentée à toutes les altitudes par le puissant flux de Nord-Est (isobares resserrées) froid et instable généré par la confrontation entre l'anticyclone et la dépression centrée sur le Nord de la Grèce.

A 850 hPa, on retrouve le même schéma avec le pont anticyclonique qui progresse vers l'Est tout en advectant de l'air plus doux déjà de la façade atlantique aux Îles Britanniques en passant, dans une moindre mesure, par le Sud de la Scandinavie et en isolant plus au Sud l'air plus froid issu de la goutte froide tout juste séparée du vortex polaire. De l'autre côté, notre système dépressionnaire centré sur les Balkans advecte et diffuse dans le sens antihoraire en flux de Nord-Est l'air froid sur une bonne partie du Bassin Méditerranéen Occidental. Au final, à 1500m d'altitude, la Corse se retrouve sous +2° à +4°C soit encore moins que ce qu'elle avait connu moins de 48h auparavant.

Meteosat, le 2 Juin 2006 vers O4h.

Concrètement, après la brève accalmie de la veille, la nouvelle goutte froide issue du vortex polaire, poussée par un flux de Nord Nord-Est et matérialisée par des nébulosités instables, pluvio-orageuses et neigeuses, arriva à l'aplomb de la Corse en milieu de nuit comme il se doit, par le Nord, déstabilisant rapidement de nouveau totalement la masse d'air tout en creusant une nouvelle dépression dans le Golfe de Gênes, nouvelle dépression dont on aperçoit ici parfaitement le vortex cyclonique positionné au large des côtes Sud-Ouest de la Corse et Nord-Ouest de la Sardaigne et qui se charge de rabattre en flux de Nord ou Nord-Est les gros amas orageux nettement visibles aussi au Nord de la Balagne ainsi que du Cap Corse à la Plaine Orientale en passant par la région bastiaise.

Carte foudre européenne, Wetterzentrale, le 2 Juin 2006 à 03h UTC.

Vers 3h du matin, une monstrueuse ligne orageuse fortement pluvieuse et électrique d'une quarantaine de km de long entre le Cap Corse et l'Île d'Elbe arriva, alors qu'elle s'était formée spontanément, du Nord Nord-Est, longea les côtes du Cap pour venir s'isoler temporairement en mer au Sud-Est de la région bastiaise et de la côte orientale de l'île. Ce n'est que vers 5h, lorsque le flux s'orienta progressivement Est Nord-Est puis Nord Nord-Est, que la cellule orageuse se dirigea directement sur la région bastiaise. Les 1ères pluies et la faible activité électrique associée débutèrent approximativement à cette heure-ci. Il faudra attendre 7h pour que l'orage se régénérant, redouble d'intensité pendant une grosse heure jusqu' à 8h et surtout de 7h10 à 7h40 en fait, laps de temps au cours duquel il devînt modéré avec une activité électrique modérée (1 impact/30 sec) et des pluies fortes voire diluviennes qui auront laissé 26 mm en 30 minutes.

Finalement, après ce bon passage pluvio-orageux en début de matinée, plus rien à signaler sur Bastia, les cellules orageuses étant refoulées progressivement vers le Sud Sud-Est de l'île par le flux de Nord en même temps que l'évacuation de la perturbation elle aussi vers le Sud-Est et la Sicile. Au travers de cette carte de températures relevées en fin de matinée à 11h, on peut clairement mettre en évidence le passage du front orageux sur la Corse à cause des températures anormalement basses pour l'heure et surtout pour la saison observées un peu partout sur l'Île de Beauté, températures équivalentes à celles que l'on enregistre au même moment sur un large quart Nord-Est et Centre-Est de la France ce qui, d'ailleurs, reste très frais pour un début Juin y compris pour ces régions bien évidemment.

Et l'on garde s'il vous plaît le meilleur pour la fin... Quelque chose de stupéfiant, d'inconcevable, d'inimaginable pour la saison  (les mots me manquent pour qualifier tel évènement aussi improbable soit-il). La neige fait son apparition en cours de matinée à basse altitude en Corse parallèlement sur les reliefs de l'intérieur. Des giboulées de neige roulée dès 1100m tenant au sol à 1200m d'altitude sous les fortes averses orageuses, notamment au Col de Vizzavona et à Asco où l'on relevait 1 à 2 cm de neige au sol...Ou bien encore 30 cm de neige fraîche aux bergeries de Grutelle dans la Vallée de La Restonica à 1260m d'altitude, juste au-dessus de Corte.

Photo prise par Dominique Tison le 2 Juin 2006 vers 12h à la station de ski d'Asco (1200m) (2B).

On peut affirmer sans grand risque que, toute génération confondue, de mémoire de corses, c'est du jamais vu à pareille saison au cours d'un mois d'été météorologique et plus généralement de Mai à Octobre (au moins). Ces conditions météorologiques pleinement hivernales et des chutes de neige si importantes à basse altitude ne sont déjà pas monnaie courante de Décembre à Mars... Alors que peut-on en penser début Juin !

A vrai dire, il est susceptible de neiger en Corse exceptionnellement de fin Mai/début Juin à fin Octobre/début Novembre à haute altitude (aux alentours des 2500m, voire soyons fous, ce qui ne s'est jamais produit d'ailleurs, jusqu'à 2000/2200m) très temporairement sous une virulente goutte froide qui laissera subsister quelques heures un léger saupoudrage sur les sommets des plus hauts reliefs de l'île mais habituellement, on s'en tient à cela.

De manière plus anecdotique, il avait neigé au cours d'un mois de Juillet des années 50 ou 60 dès 1800m mais pour le moment, impossible de mettre la main sur la date et l'année exactes, désolé

Ou bien alors, un temps frais avait été observé au cours de la première décade du mois de Juin 1962 en Corse mais là encore, malgré la durée relativement longue de ce temps frais, jamais on avait eu à tomber dans l'excès climatologique observé ces derniers jours au niveau des températures et du froid !

Voilà pour cette très longue parenthèse consacrée au temps principalement perturbé en Corse en ce 2 Juin 2006.

Je vous propose pour enfin conclure ce long dossier de faire un tour aux 4 coins de la France pour voir ce qu'il s'est passé au même moment ailleurs, ce même jour.

Photo prise par Mike au Grau-du-Roi (30) le 2 Juin 2006 vers 15h00.

Gros coup de mistral sur la Camargue et en Provence avec des rafales de 70 à plus de 90 km/h soulevant la terre desséchée en ce début d'été. Résultat, une véritable petite tempête de poussière qui gêne même la circulation près d'Aigues-Mortes ! Contraste avec la visibilité si excellente d'habitude avec une humidité aussi basse, inférieure à 30%. De plus, avec des températures à peine supérieures à +20°C au cours de la journée, l'indice de refroidissement éolien (IRE) devait être pour le moins rafraîchissant pour un début Juin.

 Photo prise par Olivier Galléa à La Seyne-sur-Mer (83) le 2 Juin 2006 à 19h43.

Comme nous l'explique si bien Olivier, cette journée aura été marquée une nouvelle fois par un net contraste Est/Ouest sur le Var. Vers l'Est, c'est l'instabilité visible dès le lever du jour, en liaison avec la goutte froide toujours centrée en Mer Tyrrhénienne, toujours à l'Est immédiat de la Corse et de la Sardaigne qui renvoie l'instabilité sur l'Est de Provence par des retours de Nord Nord-Est. De l'autre côté à l'Ouest, c'est le ciel bleu qui aura une fois de plus dominé, avec un Mistral rhodanien toujours violent.
Au fil de la journée, le Mistral s'est progressivement cantonné à l'Ouest des Bouches-du-Rhône, permettant à l'instabilité azuréenne de progresser vers l'Ouest. Quelques orages faibles ont ainsi éclaté sur l'Est varois, de la région du Luc à Fréjus/Saint Raphaël en passant par le Golfe de Saint-Tropez. Ailleurs, seules de faibles averses orageuses se sont manifestées, de l'Est du Vaucluse aux Alpes-de-Haute-Provence et à l'Est des Bouches-du-Rhône.
Quelques virgas et petits rideaux de pluie ont été visibles en début de soirée depuis l'agglomération toulonnaise (pas une goutte au sol hélas ici), comme le montre cette photo prise depuis le Fort Napoléon en direction du Sud-Ouest. L'instabilité est alors mise en relief par la luminosité provenant du ciel clair en mer au large du Delta du Rhône. L'instabilité s'est très rapidement dissipée à la suite de cette photo, ne laissant que des restes d'altocumulus et d'altostratus magnifiquement éclairés par le soleil couchant.

De plus, quelqu'un a eu la chance et la bonne idée de photographier à Cannes - Mandelieu cette magnifique trombe marine qui s'est développée à proximité du littoral sous un ciel instable, orageux et chaotique à la base d'un congestus ou Cb. C'est un phénomène qui prend naissance lorsque, entre autres, de l'air frais se met à transiter au-dessus d'une mer relativement plus chaude que la masse d'air qui la surplombe donc.

Finissons notre périple photographique dans le Nord-Ouest sous le ciel bleu de la Bretagne et sur les plages du Finistère (29) qui prennent en ce début Juin un petit goût d'été sous des températures très agréables et un chaud soleil.

Photo prise par @lain29 du côté de la grande plage de Pentrez / St-Nic (29) le 02 Juin 2006 vers 15h00.

Découvrons pour clôturer proprement ce dossier les cartes des Tn et Tx enregistrées ce jour sur l'hexagone :



Sur une large partie Nord-Est et Centre-Est, on enregistre encore des températures indignes d'un début de mois de Juin avec de fréquentes gelées en plaine dans le Nord-Est ou bien à très basse altitude sur les premiers reliefs. A 5h, il ne fait que +3.8°C à Metz, +3.2°C à Besançon, +2.9°C à Saint-Dizier, +1.7°C à Reims et à Belfort (record absolu de Tn pour un mois de Juin) et même +1.6°C à Charleville-Mézières !

Dans les Alpes, un froid polaire s'empare de nos stations de sports d'hiver. Il a été ainsi relevé –2.3°C à Chamonix (1040 m), ce qui constitue un nouveau record pour un mois de Juin dans cette station, -7.0°C à Tignes (2140 m) et -5.0°C à Isola 2000 (1980 m).


En revanche dans l'après-midi, grâce à la poussée anticyclonique, au très beau temps qui l'accompagne et sous l'effet de la douceur océanique retrouvée, une hausse notable du mercure est remarquée un peu partout mais surtout sur toute la façade atlantique, le Sud-Ouest et le littoral méditerranéen dans une moindre mesure. Tout cela, avant qu'un temps chaud voire caniculaire, sec anticyclonique et superbe ne gagne progressivement presque tout le territoire ainsi qu'une bonne partie du Continent Européen... Mais ça, c'est une autre histoire !

 

 

  • Suivi sécheresse en France au 15 Juin 2006.

   Concernant la situation générale,

Le mois d’Avril 2006 a été contrasté. Les précipitations sont excédentaires sur une zone située à l’Est d’une ligne Le Havre – Chambéry, abondantes sur la Franche-Comté, le Nord de la région Rhône-Alpes, le Sud de la Bourgogne et sur l’Auvergne et très déficitaires sur le pourtour méditerranéen et plus généralement le Sud du Pays. Excepté sur les régions ayant subi des précipitations en Mai, la hausse des débits des cours d’eau observée les mois précédents ne s’est pas maintenue.

Les nappes souterraines ont entamé leur baisse estivale, la recharge étant terminée depuis le mois d’Avril. Seules quelques grandes nappes à forte inertie (exemple la nappe d’Alsace) ont connu une faible hausse.

La pluviométrie de ces trois derniers mois a généralement permis d’améliorer la situation sur le territoire qui est meilleure qu’en 2005 à la même époque.

Pour autant, tout risque de sécheresse en cas d’absence prolongée de pluies dans les prochaines semaines ne peut être écarté. La vigilance reste donc de mise.

Des mesures de limitation des usages de l’eau sont en vigueur dans 15 départements au 15 Juin.

 

   Au cours du mois de Mai, les précipitations ont été contrastées sur le territoire français. Elles ont été jusqu’à trois fois supérieures aux normales en Artois Picardie et comprise entre 10 et 20% des normales sur le pourtour méditerranéen.

Plus généralement, les précipitations ont été supérieures aux normales à l’Est d’une ligne Le Havre/Chambéry, inférieures aux normales dans le Sud du pays et très proches des normales sur le reste du territoire.

Depuis le mois de Janvier, la situation s’est très nettement améliorée en Artois Picardie par rapport au mois précédent. Elle est proche, légèrement supérieure à la normale sur une bande transversale allant de la Vendée et la Gironde à l’Ouest au Bas-Rhin et à la Savoie à l’Est, ainsi qu’en région Nord-Pas-de-Calais, Picardie et au Nord Finistère.

Sur le reste du territoire, la situation est légèrement déficitaire voire déficitaire en Corse et dans l’Extrême Sud-Est et sur le Bassin versant de l’Adour.

   Les cumuls de précipitations relevés durant la saison hydrologique, c’est-à-dire entre le 1er d’octobre 2005 et le 31 mars 2006, ont été inférieurs à la normale sur une grande partie du pays.
Avec parfois seulement 70 % des pluies escomptées, le bilan pluviométrique est particulièrement déficitaire sur la Picardie, l’Île-de-France, la Champagne-Ardenne, la Lorraine et l’Alsace.
A un degré moindre, le déficit est aussi apparent sur le Centre, la Franche-Comté, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées, l’Est du Languedoc-Roussillon et certaines zones de Provence-Alpes-Côte-d’Azur.
Ailleurs, les précipitations ont été généralement proches voire supérieures à la normale. L'Ouest du Languedoc-Roussillon affiche, a contrario, un cumul pluviométrique excédentaire de 150 à 300% par rapport à la normale.

Si l'on prend maintenant les cumuls de précipitations relevés sur 9 mois c'est-à-dire du 1er Septembre 2005 au 31 Mai 2006, la situation n'évolue guère.

 

Quant à la quantité d’eau disponible depuis Septembre 2005 pour l’écoulement des cours d’eau et la recharge des nappes souterraines (ce que l'on appelle les précipitations efficaces), elle reste proche de la normale dans les régions Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes, Aquitaine, Limousin, Auvergne, Bourgogne et en Corse, nettement supérieure à la normale de l'Ouest du Rhône aux Pyrénées-Orientales.

Elle reste inférieure à la moyenne partout ailleurs avec des niveaux particulièrement bas dans le Bassin parisien, le Centre, le Sud de la Garonnel'Ouest des Alpes-de-Haute-Provence et les Bouches-du-Rhône

Au cours de la première décade du mois de Juin 2006, les précipitations, avant l'arrivée d'orages ces derniers jours, ont été nulles sur quasiment la totalité du territoire français.

Concernant la situation hydrologique des sols, au 11 Juin 2006, les sols superficiels sont extrêmement secs pour la saison sur les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse, l’Ouest des Alpes-de-Haute-Provence, l’Aveyron, le Tarn, le Tarn-et-Garonne, la Haute-Garonne, le Gers, le Lot-et-Garonne, la Vienne, les Deux-Sèvres, le Maine-et-Loire, l’Indre-et-Loire, l’Indre, le Loir-et-Cher, le Loiret, l’Eure-et-Loir et l’Île-de-France.
Les sols superficiels sont aussi particulièrement secs sur de nombreuses autres régions : Picardie, Haute-Normandie, Basse-Normandie, Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes, Aquitaine, Languedoc-Roussillon, Auvergne et ouest de Rhône-Alpes.

En se référant également à la situation hydrologique des sols au 1er Juin 2006, on remarque que l'assèchement des sols se poursuit de manière généralisée et s'amplifie très rapidement de façon particulièrement inquiétante.

Les écarts à la moyenne à ce jour restent très contrastés avec une zone bien excédentaire sur le Nord et l’Est du pays principalement au niveau des massifs montagneux, il faut le dire. Sur le reste du pays, déficitaire, on note trois grandes régions présentant des déficits importants : une large bande allant des Charentes à la Bretagne jusqu'à l'Île-de-France, la Picardie et Champagne-Ardenne, un large quart Sud-Ouest de Midi-Pyrénées à l'Aquitaine en passant par le Limousin et pour finir la bordure méditerranéenne ainsi que la Corse. La situation est particulièrement préoccupante dans les Bouches-du-Rhône, le Sud-Ouest des Alpes-de-Haute-Provence, le Nord des Deux-Sèvres et de la Vienne.

A titre comparatif, je vous propose ci-dessous la carte de l'indice de l'humidité des sols au 1er Mai 2006 de façon à ce que vous observiez l'évolution catastrophique de l'assèchement superficiel des sols sur notre territoire en 6 semaines alors qu'un premier assèchement se dessinait déjà des Bouches-du-Rhône au Sud des Alpes-de-Haute-Provence ainsi que du Nord de la Vienne à la Marne en passant par Paris.

Pour finir, la planification des mesures de répartition par l’adoption d’arrêtés cadre est effective sur la majorité du territoire.

Des limitations d’usage sont en vigueur dans quinze départements sur le territoire métropolitain, situés dans le Bassin Poitou-Charentes, au Nord et à l’Est du Bassin parisien et en Aquitaine. Ces restrictions pourraient être renforcées au cours du mois de Juin en l’absence de précipitations significatives.

 

 

 

  •  Environnement : les déserts du monde en danger.

   Les déserts sont menacés comme jamais auparavant alors qu'ils pourraient être un trésor de ressources pour la planète par la production d'énergie solaire ou de plantes médicinales, avertit l'ONU dans un rapport.

Un quart au moins des terres émergées de la planète - 33,7 millions de kilomètres carrés - sont considérées comme désertiques. 500 millions de personnes y habitent. Mais leurs paysages uniques, leurs cultures, leurs faune et flore particulières risquent de disparaître faute d'intervention, a averti l'un des auteurs du rapport, Andrew Warren, professeur de géographie à l'University College London.

   5 à 7°C en plus ...

"Ils sont menacés [...] par le changement climatique, la surexploitation des nappes phréatiques, la salinisation et la disparition de la faune", explique le scientifique.

La température des régions désertiques a augmenté  de 0.5° à 2°C entre 1976 et 2000, bien plus que la hausse de 0.45°C enregistrée en moyenne sur le reste de la planète. Et elles pourraient augmenter de 5° à 7°C d'ici 2071 - 2100 ! L'assèchement des rivières, l'utilisation parfois peu efficace de l'eau pour irriguer et la croissance démographique vont accentuer la pénurie d'eau.

L'Arabie Saoudite, la Syrie, le Pakistan, l'Ouest de la Chine, le Tchad, l'Irak, le Niger vont être particulièrement affectés, prédit le rapport. La construction de routes, la pollution, le tourisme, la chasse menacent la faune et plusieurs espèces sont en voie de disparition.

   Plein de ressources !

Pourtant, les déserts pourraient devenir les centrales électriques non polluantes du XXIème siècle, en utilisant les ressources du soleil et du vent. Un désert de la taille du Sahara pourrait capturer assez d'énergie solaire pour répondre aux besoins électriques du monde entier. "Des animaux et des plantes sauvages constituent de nouvelles sources pour la recherche pharmaceutique, des produits industriels de l'agriculture", indique le rapport. A titre d'exemple, des plantes découvertes dans le désert du Neguev en Israël peuvent aider à lutter contre le cancer et le paludisme !

 

 

 

  • Cela s'est passé en été...

     Je vous propose au travers de cette rubrique quelques anecdotes que l'on a rapportées, de façon plus ou moins fondée, au cours des siècles et des millénaires derniers dans la France d'antan.

 

   - L'été 1135 fut chaud et sec : “ Il fit si grand chaud que la terre brûlait en divers endroits de la France ”.

   - Au cours de l'été 1232, la chaleur a été si forte dans l’Est que “dans le mois de Juillet et d’Août, les œufs cuisaient dans le sable”.

   - Au cours de l'été 1268, dans les environs de Colmar, on a noté des températures très élevées avec une absence totale de pluie “pendant 12 semaines, de la fête de Saint Matthias le 14 Mai jusqu’à celle des Sept Frères ”. Ces conditions atmosphériques furent cause d’une telle abondance de fruits que “ de nombreux arbres s’en trouvèrent brisés ”.

   - L'année 1303 fut si sèche qu'elle provoqua l'étiage quasi-complet du Rhin ! La Seine, l’Oise et la Loire sont aussi tombés à sec.“ En Alsace, on voyait des raisins mûrs à la Saint Jean le 19 Août. Les cours d’eau étaient tellement desséchés que ceux qui faisaient tourner deux roues de moulin pouvaient à peine en mouvoir une, ce qui fit que, malgré l’abondance du blé, le pain se vendait cher. Le Rhin était assez bas entre Strasbourg et Bâle pour qu’en beaucoup d’endroits, on prît le travers à pied. Dans cette région, la chaleur fut si intense que les charretiers conduisaient tous nus leurs voitures chargées par les campagnes. ”

   - L'été 1314 fut très sec avec 13 semaines sans goutte et chaud.

   - Le 29 Août 1399, un si grand débordement d'eau causé par les pluies que Nîmes en fut presque couverte et inondée.

   - En l'an 1403, les pluies et des débordements des eaux firent encore un dégât et un ravage considérables dans le pays. On s'en ressentit à Nîmes si fortement que la consternation y était générale.

   - Cet été 1473, il y eut une sécheresse et une chaleur importantes qui dura plusieurs mois et, au dire des historiens, s’étendit à presque toute la terre...

   - L'été 1504 fut chaud et sec : “Ciel de cuivre et terre de feu” dans l’Est et le Sud-Est. De toutes les montagnes voisines du Rhône, le bétail est obligé de descendre boire au fleuve. Dans le Lyonnais, on organise des processions blanches, ainsi appelées parce que les pèlerins qui y prenaient part étaient affublés d’un linceul blanc.  

   - En 1536, les grandes chaleurs sévirent en Bretagne dès le printemps.

   - L'été 1540 a été très chaud. Il est appelé par de nombreux chroniqueurs, soit la “ chaude année ”, soit “ l’année de la soilié (sécheresse) ”. On a moissonné en Juin aussi bien en Bretagne que dans la Somme et en Lorraine. On passait à pied toutes les rivières de l’Est, notamment le Doubs et les moulins de la Garonne se sont arrêtés faute d’eau.

   - Un été 1545 chaud dans le Midi. "Pendant 7 mois, il n'a pas plu dans le Vendômois, Pays de l'ancienne province de l'Orléanais dont le centre est la Vallée du Loir".

   - En 1556, l'été a eu une grande sécheresse et une forte chaleur à peu près générales. Dans le Berry, on a commencé à moissonner les blés dès la fin du mois de Mai. Dans le Vendômois, “la terre ne fut point trempée de Pâques jusqu’à la Toussaint. Elle brûlait les pieds de ceux qui marchaient pieds nus.”

   - En 1575, il y a eu une grande sécheresse dans le bassin de la Saône. Dans le Vendômois, il n'a plu de la Saint Jean jusqu'à la Toussaint et il fît toujours chaud.

 

 

      2. LUDIQUEMENT VÔTRE !

  • Quizz.

   Alors prêt(e) à jouer avec moi ? Êtes-vous vraiment féru(e) de météorologie et de climatologie comme vous le prétendez ? C'est ce que nous allons tester ensemble dès à présent. A vos papiers et à vos crayons ! Commençons par voir si vous avez lu assidûment tout ce que j'ai mentionné précédemment dans les différentes rubriques... Les réponses de ce quizz se trouvent à la fin de cet édito.

 

    1. Au passage de la seconde tempête aux premières heures du 22 Mai 2006, le vent de Sud-Ouest a soufflé très fort en Loire-Atlantique (44) notamment à la Pointe de Chemoulin. Mais quelle était la vitesse de la rafale mesurée à 03h UTC ? 

   a) 92 km/h     ;     b) 122 km/h     ;     c) 152 km/h

 

   2.  Le 28 Mai 2006, il fait très chaud dans le Sud-Est de la France. Quelle valeur de température maximale (Tx) relève-t-on ce jour-là au Luc - Le-Cannet-des-Maures dans le Var (83) ?    

   a) +25.8°C    ;     b) +35.8°C     ;     c) +45.8°C

 

   3.  Alors que le 30 Mai 2006 au matin, la fraîcheur marquée a déjà gagné la majeure partie du Pays, quelle valeur de température minimale (Tn) relève-t-on ce matin-là à Porto-Vecchio - La Chiappa en Corse-du-Sud (2A) ?

   a) +19.4°F    ;     b) -19.8°C     ;     c) +19.6°C

 

   4.  Après un Dimanche des plus caniculaires autour du Golfe du Lion, il fait chaud dès le lever du jour ce matin du Lundi 29 Mai 2006 autour de la Méditerranée. Quelle valeur de température minimale (Tn) relève-t-on ce matin-là au Cap Béar dans les Pyrénées-Orientales (66) ?

   a) +22.8°C    ;     b) +37.0°C    ;     c) +15.7°C

 

   5.  Le 31 Mai 2006, le froid a envahi toute la France. De nombreux records journaliers de froid sont battus alors. Quelle valeur journalière record de température maximale relève-t-on ce jour-là à Metz en Moselle (57) ?

   a) +5.6°C    ;     b) +13.2°C     ;     c) +12.2°C  

 

   6.  Le 1er Juin 2006 au matin, gèle-t-il à ?

   a) Romorantin et Blois     ;     b) Fort-de-France et Nouméa     ;     c) Biarritz et Brest

 

   7.  En début d'après-midi du 2 Juin 2006, Mike nous a photographié une surprenante tempête de poussière générée par un vent violent. Mais où se trouvait-il à ce moment précis ?

   a) au bord du Lac Rose au Sénégal     ;     b) au Grau-du-Roi     ;     c) sur la côte égyptienne en Mer Rouge

 

   8.  Au 15 Juin 2006, combien de départements français sont concernés par des mesures de limitation de l'usage de l'eau ?

   a) 15     ;     b) 22     ;     c) 146

 

   9.  D'ici à la période 2071 - 2100, de combien de degrés Celsius la température des régions désertiques pourrait-elle augmenter en moyenne ?

   a) 0.5° à 0.7°C     ;     b) 5° à 7°C     ;     c) 15° à 17°C

 

  10.  Au cours de l'été très sec de l'année 1314, pendant combien de semaines d'affilée n'a-t-il pas plu ?  

   a) 4     ;     b) 27     ;     c) 13

 

Pouah ! Trop facile ce quizz...C'est nul ! Il nous prend vraiment pour des crétins ce Jipé... Ah oui, tiens donc. Qu'à cela ne tienne, rira bien qui rira le dernier

C'est parti pour des questions tous azimuts... Spéciale dédicace à nos amis de la Nouvelle-France histoire de nous rafraîchir les idées ! 

 

  11.  Parmi les villes qui auront eu à organiser les Jeux Olympiques d’Hiver, quelle est celle dont le climat est le plus doux ?

   a) Vancouver     ;     b) Sarajevo     ;     c) Calgary     ;     d) Salt Lake City

 

  12.  Quelle est la capitale de province des Prairies qui reçoit en moyenne le plus de neige ?

   a) Edmonton     ;     b) Winnipeg     ;     c) Regina

 

  13.  À quel endroit a soufflé le blizzard le plus meurtrier de tout le 20ème siècle ?

   a) Canada     ;     b) Pologne     ;     c) Chine     ;     d) Iran     ;     e) Finlande

 

  14.  Quelle est la durée de vie moyenne d'une pelle à neige ?

   a) 6 mois     ;     b) 2,5 années     ;     c) 5 ans     ;     d) 10 ans

 

  15.  À quelle vitesse un gros flocon de neige tombe-t-il ?

   a) 0.5 km/h     ;     b) 1 km/h     ;     c) 5 km/h     ;     d) 10 km/h

 

   16.  Quel bruit les flocons de neige font-ils lorsqu’ils tombent sur l’eau ?

   a) Aucun bruit     ;     b) ping     ;     c) pof     ;     d) scriiiii

 

   17.  Dans quelle ville canadienne signale-t-on en moyenne le plus grand nombre de jours par an où la température descend en-dessous de zéro degré Celsius ?  

   a) Prince Albert, SK     ;     b) Thompson, MB     ;     c) Fort McMurray, AB

 

   18.  Quelle est la seule ville canadienne qui fait partie des dix sites habités les plus froids du monde ?  

   a) Winnipeg     ;      b) Iqaluit     ;     c) Yellowknife

 

  19.  Quel est le jour de la semaine où tombent le plus souvent les grosses chutes de neige ? Ce jour-là, la fréquence des chutes de neige importantes (supérieures à 10 cm) est deux fois plus élevée que pour n’importe quel autre jour.

   a) Lundi     ;     b) Mercredi     ;     c) Samedi     ;     d) Dimanche

 

  20.   Quels sont les trois types de nourriture que les gens ont tendance à se procurer avant l'arrivée d'un blizzard, d'un ouragan ou d'un gros orage ?

   a) Des soupes en conserve, des biscuits secs et des jus en boîte ; b) Des saucisses, des pommes frites et des chips ; c) Des gâteaux, des biscuits et des bonbons

 

 

 

  • Le coin de l'astronome.

   Et si l'on observait le ciel autrement ! L'évènement du mois à ne pas rater, cela se passe dans la nuit du 18 au 19 Juin 2006. Vers 21h00 TU, localisez la planète Mars au-dessus de l'horizon Ouest. Juste en dessous de celle-ci, vous trouverez la planète Saturne. C'est à 6h03 TU que les planètes seront au plus près, mais cela ne sera pas visible, car les 2 compagnes ne seront pas encore levées.

 

 

 

 

  • Con...vivialité.

     Voici la saga corse de l'été à ne louper sous aucun prétexte ! Mise en garde : ceci est une fiction. Toute ressemblance vraisemblable avec des personnes existantes ou des évènements de la vie courante qui se sont réellement produits n'est absolument pas purement fortuite

     Starring :

    - meteomania2b As Thierry Venturini.

    - dudu As Jean-Pierre Dussol.

    - Doumé As Dominique Tison.

    - CFR As François Gourand.

    - Grecale2b As Sylvestre Sisco.

 

 

   Voilà, il est l'heure de se quitter  C'est sur cette dernière touche d'humour que s'achève ce long édito de début d'été. Sur ce, je vous dis à très bientôt, à n'en point douter

 

   Pour l'Equipe d'Infoclimat,

Jean-Pascal RAGGIOLI (Jipé pour les intimes...)

NB : Pour me contacter, c'est très simple ---> jipe.toga-@-wanadoo.fr  {supprimez les tirets}.

 


 

 Réponses du quizz :

1. 122 km/h  ;  2. +35.8°C  ;  3. +19.6°C   ;   4. +22.8°C   ;   5. +12.2°C   ;   6. Romorantin et Blois   ;   7. au Grau-du-Roi   ;   8. 15   ;   9. 5° à 7°C   ;   10. 13   ;   11. Vancouver   ;   12. Edmonton avec 123,54 cm de neige en moyenne par an  ;   13. Iran   ;   14. 2,5 années   ;   15. 5 km/h   ;   16. scriiiii (je ne suis pas allé vérifier, rassurez-vous)   ;   17. Thompson, MB avec en moyenne 239,85 jours de gel par an   ;   18. Yellowknife   ;   19. Lundi   ;   20. des gâteaux, des biscuits et des bonbons !

 

  • Si vous avez obtenu 5 points sur 20 voire moins : Euh, vous êtes sûr(e) que vous ne vous êtes pas trompé(e) de site ou pire, de passion ? Vous êtes toujours à temps de changer, il n'est jamais trop tard dans la vie
  • Si vous avez obtenu 15 points sur 20 ou plus : Bravo ! Vous êtes (presque) aussi fort(e) que moi dans le domaine de la météorologie et de la climatologie

 

  • Si vous avez obtenu 20 points sur 20 : Félicitations ! Infoclimat vous offre gracieusement un magnifique séjour de 3 mois entre fin Décembre et fin Mars à Verkhoïansk, une petite ville de Iakoutie, au Nord-Est de la Sibérie, en Russie, sur la rivière Yana, près du Cercle Arctique, à 675 km de Iakoutsk et à 133 mètres d'altitude. Ses coordonnées sont 67° 33′N 133° 25′E. On y trouve notamment un port, un aéroport, un dépôt de fourrures, et un centre d'élevage de rennes (le pied !). La population est estimée à 1800 habitants. C'est l'une des plus petites villes de Russie.

    Verkhoïansk se trouve dans un des lieux les plus froids de l'hémisphère Nord. On considère qu'elle constitue avec Oïmiakon le pôle froid du Nord avec des températures moyennes de -50ºC en Janvier et une moyenne annuelle de -17ºC. La plus basse température jamais enregistrée sur Terre (hors Antarctique) le fut à Verkhoïansk le 7 février 1892, avec -67.8ºC. L'écart annuel de température atteint alors 105°C : de -68°C en hiver à +37°C en été. Quelle chance dites donc... Je sens que tout le monde vous envie ! Allez, bon voyage et... bon courage surtout


 

 

 

 

 

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