Les modèles numériques de prévision
Dans cette rubrique, Infoclimat vous propose de vous
familiariser avec, et même de comprendre, le domaine de la prévision. En
effet, de nos jours, des supercalculateurs (ordinateurs très puissants) nous
fournissent des données essentielles à la prévision du temps, partout dans le
Monde, que nous sommes seulement capables d'interpréter.
Photo d'un super calculateur :
 |
Supercalculateur Fujitsu (
photo Météo France)
Ce supercalculateur est capable
de traiter 300 milliards d'opérations à la seconde,
il permet de réduire de 72h à 3 minutes le
temps de calcul de la prévision à 4 jours. Il fut fabriqué par Fujitsu.
Sa puissance était unique en Europe jusqu'en Octobre
1999 !
Son coût : 100 millions d'euros
!
|
Ces ordinateurs d'une puissance rarement égalable
permettent de traiter des millions de données en très peu de temps et ainsi de
corréler ces mêmes données pour établir un schéma de prévision très
détaillé ce qui aide les météorologues, amateurs ou professionnels dans
leurs travaux. Il faut savoir que le supercalculateur présent au Centre
National de Météo France Toulouse possède des caractéristiques invraisemblables
:
C'est donc du très gros qui est essentiel à la science
météorologique aujourd'hui. Le modèle météo Arpège, sortant de ce
supercalculateur est la sortie de modélisation numérique appartenant à Météo France mais de
nombreux autres modèles, américains, anglais, allemands, japonais, italiens ou
européens sont également disponibles.
Pour en savoir plus sur le principe et l'élaboration du
modèle Arpège, cliquez
ici !
L'élaboration des modèles de prévision n'est pas le but
principal de cette rubrique. Nous vous proposons seulement d'acquérir quelques
notions d'interprétation. Vous pourrez trouver dans cette rubrique tous les
éléments essentiels à l'interprétation de ces sorties brutes ( sans aucun
traitement par l'homme ). La prévision de nos jours est plutôt assimilable à
une interprétation de modèles.
Les principaux modèles de
prévision
GFS (ex AVN),modèle
américain à maillage assez fin pour l'Amérique, un peu plus large pour
l'Europe. Il offre des réactualisations 4 fois par jours, chaque
réactualisation s'appelant familièrement un run. A 00hTU, 06hTU, 12hTU et
18hTU, GFS propose ses prévisions. Néanmoins, les runs de 00hTU et 12hTU sont
les plus importants; les deux autres runs ne prenant en compte que des données
moindres. Ce modèle propose des échéances allant jusqu'à 384h, de 6h en 6h.
Un exemple de prévision de GFS tout de suite pour nous mettre dans le bain,
prenons la situation du 3 Décembre 2003 :
UKMO et BRACKNELL, modèles anglais sous l'égide du MetOffice, Ukmo nous
propose deux réactualisations par jour : une le matin très tôt aus alentours
de 6H légale et une autre en début de soirée vers 19h légale. Son maillage
est assez large mais il est complété par Bracknell, modèle de fronts tracé
manuellement par l'homme. Bracknell permet un maillage plus fin pour les
prévisions Européennes. Les runs de 00hTU et de 12hTU sont tous deux aussi
importants. UKMO est réputé pour être un pro des situations de blocage
surtout en hiver. Bracknell est quand à lui réactualisé chaque 6h
progressivement. Le run complet sort à 00h TU. Le marquage des fronts est très
important et fait du MetOffice un grand dans la prévision. Voici un exemple de
ces deux modèles, l'un numérique, l'autre "classique" :
NOGAPS,
modèle anglo-saxon également très utilisé pour les prévisions amateurs.
Provenant de la Navy, NOGAPS est réactualisé lui aussi deux fois par jour vers
7h et 18h TU en France. Nogaps est surtout réputé en Europe pour les
prévisions d'épisodes pluvieux surtout sur le Bassin Méditerranéen. Nogaps
se présente différemment des autres modèles, sauf pour la partie "wetterzentrale" :

ECMWF,
modèle Européen qui comme UKMO est un leader dans la prévision des blocages
mais aussi des tempêtes. Ce modèles est aussi utilisé par Météo France et
livre des données très importantes au niveau des géopotentiels. Ce modèle
sort également deux fois par jour. Voici une carte
exemple d'ECMWF :

GEM, GME, JMA, BOLAM, DWD,
SKIRON, MASS et DALAM : d'autres modèles,
numériques ou non, provenant d'organismes italiens, japonais, allemands ou
autres offrent également des données essentielles à l'élaboration de la
prévision. Nous ne détaillerons pas leurs caractéristiques mais il est
important de savoir que Bolam est le leader dans le domaine de la prévision des
précipitations. Skiron et DWD sont aussi de bons modèles numériques qui font
leurs preuves tout comme GME et GEM. JMA est moins pris au sérieux de par ses
sorties "extrêmes".
Les données transmises par les
modèles numériques
Les modèles nous proposent donc de très nombreuses
données pour élaborer des prévisions fiables à court terme ou moyen terme.
Néanmoins, chaque modèle ne livre pas toutes les données. Sur TOUS les
modèles, la direction des flux est indiqué. A nous de savoir les lire et les
interpréter ! Les géopotentiels, les pressions et les températures à
différentes altitude pour une pression donnée, les jets, les courants
ascendants et verticaux, les vents, les précipitations, les épaisseurs des
couches nuageuses, les énergies convectives... sont autant de données qu'Infoclimat
vous propose de découvrir et de mieux comprendre.
-
Quelques données pour commencer
Avant de commencer, il est souhaitable d'acquérir
quelques notions minimes propres à la météorologie. Par exemple, la
correspondance altitude/pression. 500 hPa tout d'abord correspond grossièrement
à une altitude de 5500 m. 850 hPa correspond à 1450 m d'altitude. Ensuite, les
autres correspondances altitude/pression sont pour les modèles 700 hPa, 300,
200, 100, 50 et 900 hPa. Plus la pression est élevée, plus l'altitude est
faible.
- Les Flux
Les flux peuvent être vulgairement assimilés à des
"provenances et directions" de masses d'air. Les masses d'air (
chaudes ou froides, humides ou sèches ) circulent dans l'atmosphère. Les
systèmes dépressionnaires ou anticycloniques sont les responsables de cette
circulation. Selon leur positionnement, ces centres d'action génèrent une
circulation atmosphérique provenant du Nord, du Sud, de l'Est ou de l'Ouest.
Selon le sens de rotation du centre de pression ( dans le sens horaire pour les
anticyclones, dans le sens anti horaire pour les dépressions dans
l'hémisphère Nord ), les masses d'air se déplacent dans des directions
définies.
Rien de mieux qu'un exemple pour illustrer ces quelques succinctes
explications. Tout le monde se souvient de la tempête du 27 Décembre 1999,
voici l'analyse GFS à 500 hPa :

Cette carte GFS représentant les géopotentiels et les
pressions au sol, ne nous intéressera pour le moment dans le but de mieux
comprendre l'organisation des flux. Sur ce modèle, 3 centres d'action principaux : l'anticyclone des Açores (positionné sur les Açores par
1030 hPa), la dépression d'Islande centré par 960 hPa et enfin un
anticyclone en Sibérie, classique en hiver. Nous connaissons donc le sens de
rotation de chaque centre d'action. En suivant les isobares, nous
constatons que le sens de circulation se fait d'Ouest en Est ou plutôt
d'Ouest/Nord Ouest en Est/Sud Est. Le flux au sol est donc orienté Ouest
Nord Ouest (ONO). Seulement, en altitude, les directions des flux peuvent
varier par rapport au sol. En effet, à 850 hPa, le flux pourrait être orienté
plus Nord Ouest ou plus Ouest voire Ouest Sud Ouest ou Nord Nord Ouest. Dans ce
cas là, le cisaillement des flux sera établi, faible mais établi. Plus
en altitude encore, à 700 ou 300 hPa par exemple, les flux pourront également
varier par rapport au sol. Sur cette carte à 500 hPa, les plages de couleur (géopotentiels)
définissent les directions de flux à 5500 m également. Sur la France, le
flux au sol est sensiblement le même que le flux en altitude : ONO. Par
contre remarquons le cisaillement dans la zone tracée par un cercle : au sol
le flux est orienté Sud tandis qu'à 500 hPa, il est plutôt orienté Sud Ouest
voire Ouest Sud Ouest. Tout ceci pour dire que les flux peuvent varier
avec l'altitude et que leur direction n'est pas forcément la même en
fonction de l'altitude.
Continuons maintenant notre développement avec
l'organisation des masses d'air en altitude et au sol. Les modèles numériques
sont essentiels à l'élaboration de prévision de températures.
- Les
températures au sol et en altitude
Au sol comme en altitude, les masses d'air
sont mobiles et sont les actrices principales dans l'évolution de notre temps
partout dans le monde. Les masses d'air nous englobent en fait constamment et
bougent justement en fonction de l'orientation et de la direction des flux
d'altitude et de basses couches. Il est essentiel de consulter, de façon
complémentaire à d'autres cartes, les cartes de températures à 500 hPa, 850
hPa et les cartes de températures au sol. Les températures à altitude
plus élevées sont souvent connus grâce aux radiosondages.
Il existe 4 grands types de masses d'air :
les masses d'air froides et sèches, les masses d'air froides et humides, les
masses d'air chaudes et humides et les masses d'air chaudes et sèches. Chacune
d'elles sont localisées dans l'hémisphère Nord de la façon suivante ( en
général ) :
Masses d'air froides et sèches : Russie,
Sibérie et Europe Centrale en hiver
Masses d'air froides et humides : Pole
Nord, Groenland, Islande en hiver comme en été
Masses d'air chaudes et humides : Océan
Atlantique en hiver ( elles sont dans ce cas douces ) comme en été,
Açores
Masses d'air chaudes et sèches : Maghreb
en été comme en hiver, Sahara, Moyen Orient en été.
C'est en fonction de la provenance de ces
masses d'air que notre temps est défini et donc en fonction de l'orientation
des flux. Prenons pour éclaircir tout ceci les 3 cartes types illustrant
l'évolution des masses d'air à 500 hPa, 850 hPa et au sol; ces trois cartes de
modèles suffisent en principe à l'élaboration de la prévision mais il est
souvent nécessaire d'avoir recours à un radiosondage.
Carte à 500 hPa valable pour le Dimanche 20
Juin 2004 à 00hTU :

Nous nous intéresserons sur cette carte GFS
qu'aux températures prévues à 500 hPa et par conséquent aux traits
pointillés gris. Sur la France, la ligne des -20° à 500 hPa englobe une
moitié Nord, la ligne des -25° frôle le Nord Pas de Calais tandis que sur la
moitié Sud il est prévu entre -15 et -20° à 500 hPa. Le flux de Nord Nord
Ouest prévu par ce modèle à échéance donnée pousse les masses d'air un peu
plus fraîches pour la saison vers le Sud. Les températures les plus basses
prévues à 5500 m accompagnent souvent les dépressions. Par exemple, l'air
plus frais en altitude accompagne le talweg (zone de basse pression s'enfonçant
entre deux zones de hautes pressions) situé au large du Québec avec -20° au
centre du talweg. Cette carte à 500 hPa est surtout utile pour avoir une idée
d'instabilité. En effet, plus la différence de températures entre les
différentes couches d'atmosphère est grande, plus les chances de retrouver un
temps instable sont élevées. Sur cette carte, la dépression qui tente de
s'enfoncer vers le Sud apporte en altitude un air plus froid. Il est alors
nécessaire de consulter les cartes de prévision de températures à 850 hPa :

A 1500 m environ ( 850 hPa ), considérons
tout d'abord la direction du flux sur notre pays. Nous ne nous intéresserons
qu'aux plages de couleur et aux lignes continues noires. A moyenne altitude, le
flux est orienté Nord Ouest, nous voyons bien le centre dépressionnaire à
1500 m centré sur le Sud de la Norvège. Les masses d'air plus froides sont
donc poussées vers notre pays et nous retrouvons des températures de l'ordre
de 2 à 10° du Nord Ouest au Sud Est. Au sol, il est difficile de connaître
exactement quelle sera la température. Cela peut en effet varier selon la
saison. Néanmoins, l'écart de températures ( les radiosondages le
certifieront ) n'est pas très important à l'échelle météorologique bien
sûr entre 500 et 850 hPa. Nous apercevons enfin que par ce flux de Nord Ouest,
les masses d'air chaudes sont repoussées vers leurs retranchements :
Méditerranée et Afrique ou remontent en Europe de l'Est. Pour terminer avec
cette carte, juste une remarque d'alimentation. Il est flagrant ici même que la
dépression sur la Scandinavie est alimentée par de l'air froid sur son flanc
Ouest et par de l'air plus chaud sur son flanc Est ce qui est la logique même
dans l'hémisphère Nord des courants dépressionnaires et de leur vie. Si cette
alimentation est coupée, la dépression ne circule plus et se comble. C'est sur
ces cartes de températures qu'il est possible d'interpréter et de prévoir la
vie future des centres d'action.
Avant d'en finir avec les cartes des modèle
de températures, analysons celle des températures au sol pour la même
échéance qui donne une idée de températures plausibles que nous ressentirons
:

Les plages de couleurs sont les seules
données que nous offre cette carte. Il n'y a donc pas grand chose à faire que
d'observer. Sur le Nord Ouest, la prévision de températures sera donc comprise
entre 4 et 6° et 10° sur le Sud Ouest. Ces cartes ont grandement besoin
d'être ensuite remaniées par le prévisionniste en tenant compte de la couche
nuageuse par exemple etc...
Il ressort donc que sur la moitié Nord, il
est prévu à cette échéance : -20° envrion à 500 hPa, 3° environ à 850
hPa et 6° environ au sol par la donnée brute mais environ vraisemblablement 9
ou 10° de températures réelle au sol. L'instabilité serait donc peu marquée
en raison des écartes de températures selon l'altitude peu flagrant. Ce n'est
pas pour autant qu'il fera beau !
Depuis début 2004, le modèle GFS propose
des températures au sol par région ou même par ville mais ce type de modèle
a aussi grand besoin d'être "retouché" et de ne pas être pris à la
lettre.
Autre type de modèle utile à la prévision
des températures à 850 hPa : Nogaps.

Même principe que GFS, les lignes de couleur
bordeaux indiquent les températures à 850 hPa. Sont également précisées la
direction et les vitesses des vents.
Les modèles de températures sont donc
de bons indices d'instabilité et de prévision de températures pures au sol.
Flux, températures à différentes
altitudes, concentrons nous à présent sur le géopotentiel, incontournables
pour la prévision.
- Le géopotentiel
Disponibles sur Internet, les modèles ont chacun leur
façon de présenter le géopotentiel. GFS, Nogaps et ECMWF ont tous trois des
présentations différentes mais le principe est le même pour tous. Le
géopotentiel sur les modèles est caractérisé par une unité de mesure qui
est le décamètre. En terme physique et mécanique, le géopotentiel se
défini par le travail d'une force qui est exercé en fonction de l'altitude.
Dans le cas de la météorologie, la force en question s'avère être la
pression. Prenons une carte GFS tout d'abord, il sera plus simple de s'appuyer
sur un exemple concret :

Nous nous intéresserons sur cette carte de GFS aux plages
de couleur qui vont du mauve au rouge écarlate. La ligne continue noire
représente la ligne de géopotentiel 552 ou plutôt 5520 mètres. Ensuite, le
géopotentiel minimum sur la carte est de 476 ou 4760 mètres et le maximum de
600 ou 6000 mètres. Comment comprendre cette carte ? Nous pouvons définir la
notion de géopotentiel de la façon suivante :
nous retrouverons une pression de 500 hPa à l'altitude en décamètre qui correspond
à la valeur du géopotentiel indiquée. En clair, par exemple sur le Sud de la
France, il est prévu à l'échéance indiquée un géopotentiel d'une valeur
d'environ 572 (couleur orangée). Cela traduit le fait que le niveau de pression
500 hPa se retrouvera à une altitude de 5720 mètres. Par conséquent, il est
nécessaire de "monter" plus haut que "d'habitude" pour trouver une pression de 500
hPa ( le niveau "normal" 500 hPa se retrouvant à 5520 m ).
Ceci permet d'affirmer la présence de hautes pressions aussi bien au sol si les
isobares le montrent qu'en altitude. Dans le cas où les pressions sont faibles
au sol et que le géopotentiel est assez élevé en altitude, nous avons affaire
à une dépression de surface ou thermique. Dans le cas où les pressions
sont élevées au sol mais que le géopotentiel est faible au sol, nous avons
affaire à un anticyclone de surface ( c'est souvent le cas en hiver ).
Les cartes à 850 hPa nous renseignent également sur le géopotentiel à 1500 m c'est à dire à moyenne altitude. Ce sont les lignes continues
blanches qui permettent de visualiser ceci accompagné des nombre également en
décamètre. Nous pouvons donc prévoir grâce aux cartes de géopotentiel, les
pressions au sol, à moyenne altitude et à altitude élevée. Les prévisions
d'orages et d'instabilité seront mieux appréhendées grâce à ces données.
Le modèle ECMWF élabore une carte propre de
géopotentiel que voici :

Même principe avec le modèle ECMWF qui
permet de visualiser correctement seulement le géopotentiel à 500 hPa. Cette
carte n'analyse donc que la situation en altitude.
Nogaps possède aussi une autre
"version" de présentation. La voici :

Nogaps n'utilise lui pas le décamètre comme
unité de géopotentiel. Le principe est néanmoins le même qu'avec ECMWF et
les autres modèles comme UKMO ou GEM, JMA...
Grâce au géopotentiel; dépressions
thermiques, anticyclones de surface, instabilité etc sont mieux prévisibles.
Arrêtons nous à présent sur les gouttes
froides. Les gouttes froides ou dépressions fermées d'altitude ou cut off
low sont bien souvent responsables d'instabilité et de forte agitation. Ces
dépressions d'altitude fonctionnent sur le même principe que les autres types
de dépressions. Ellles se "baladent" n'importe où et causent une
déstabilisation de masses d'air. Nous voyons une goutte froide sur le Québec
sur le modèle GFS.
Les dépressions, l'instabilité etc... sont
associées à des précipitations que les modèles numériques sont capables de
prévoir plus ou moins bien selon la configuration.
Nous pouvons aussi associer à cette partie
les cartes GFS mitwolken traduisant l'épaisseur de la couche nuageuse et les
fameuses lignes 528, 510, 492 etc.. :

Les lignes de couleurs représentent les
"frontières" entre les différents "types d'airs". La 528 délimite
la possibilité de neige en plaine si les conditions sont réunis bien sûr. La
582 correspond à de l'air Saharien. Cette carte n'a pas grand intérêt en elle
même si ce n'est d'essayer de prévoir les possibilités de neige en plaine ou
l'épaisseur de la couche nuageuse.
- Les précipitations, les fronts vus par les modèles
Tous les modèles hormis UKMO, ECMWF et GEM
fournissent des cartes de prévisions de précipitations. Néanmoins, des
dérivés d'UKMO donnent la possibilité de prévoir la localisation ou
l'intensité des précipitations à venir. Nous essaierons donc de mieux
comprendre le fonctionnement du modèle Bracknell et BOLAM.
Les modèles de précipitations sont très
utiles mais il est nécessaire qu'ils soient le plus fiable possible pour ne pas
prévoir tout et n'importe quoi. C'est la raison pour laquelle il convient de ne
pas prendre au pied de la lettre les modèles de précipitations à longue
échéance qui ne donnent qu'une banale idée de la tendance à venir. Tous les
modèles de précipitations utilisent les mêmes unité : le millimètre. Ils
peuvent différer seulement par l'échéance. GFS prévoit les cumuls pour 6h,
Bolam pour 3 ou 12h, d'autres comme Dalam ou ETA prévoient pour des échéances
plus ou moins faibles. Il n'y a aucune difficulté à comprendre ces modèles
mais il convient plus que tout de les associer avec les autres cartes (
géopotentiel ou températures ) pour améliorer la fiabilité de la prévision.
Voici par exemple la carte de précipitation
du modèle BOLAM 21 (vu qu'il existe une autre version de Bolam centrée sur
l'Italie et la Méditerranée) :

Aucune difficulté à comprendre cette carte
qui reflète la prévision pour une échéance donnée des cumuls de
précipitations en 12H. Il est donc par exemple prévu entre 10 et 15 mm sur
l'extrême Sud de l'Irlande.
Nous ne nous attarderons pas sur les autres
modèles de précipitations, le principe étant strictement le même.
Les précipitations sont associées à des
fronts. Ces fronts, quelques modèles nous aident à mieux les prévoir, à
mieux prévoir leurs trajectoires etc. Les modèles ECMWF, USAF mais surtout, le
plus connu : Bracknell sont d'une utilité immense dans la prévision.
Sortant du MetOff, Bracknell est un produit
dérivé du modèle UKMO. La compréhension de ce type de modèle n'est pas
très difficile. L'interprétation l'est un petit peu plus.
Voici une carte du modèle Bracknell :

Les fronts dessinés sur cette carte sont
associés aux pressions au sol. L définissant les dépressions, H définissant
les anticyclones. D'échéances en échéances ( de 12h en 12h pour ce modèle
), il est donc plus confortable de suivre la progression des systèmes
perturbés, de suivre et de prévoir leurs trajectoires. Suivant les flux et les
lignes de géopotentiel principales, nous pouvons avoir une idée des
intensités de précipitations et de leur localisation. Nous pouvons également
prévoir les fléchissements des températures après le passage d'un front
etc... Ces modèles sont incontournables.
D'autres modèles comme USAF fournissent ce
genre de données mais le principe étant également le même, il est inutile de
développer.
Intéressons nous désormais aux modèles de
prévision des courants verticaux, des jets et des vents sans oublier les
énergies convectives. Nous terminerons par un exemple de prévision grâce aux
modèles numériques.
- Les courants verticaux, les énergies convectives
Les courants ascendants et descendants de
l'air constituent la structure de base des nuages. Un courant vertical consiste
en un mouvement continu de l'air vers le haut ou vers le bas. Ces mouvements à
grande échelle s'étendent sur plusieurs milliers de pieds en altitude. La
vitesse de ces courants est relativement constante, tout au plus varie-t-elle
graduellement d'un niveau au suivant.
D'autre part, les rafales consistent en des
discontinuités à petite échelle associées aux mouvements verticaux. Ces
rafales ont une faible extension verticale et horizontale; ce sont elles qui
provoquent la turbulence dans les nuages cumuliformes par exemple.
Les modèles numériques de prévision nous
renseignent également sur cet aspect de la prévision d'orages. GFS est l'un
des rares d'ailleurs :

Cette carte prend en compte deux choses : le géopotentiel
à 700 hPa, qui suit le même principe que le géopotentiel à 500 ou 850 hPa.
Le plus intéressant dans le domaine de la prévision d'orages sur cette carte
reste les courants verticaux.
Comment interpréter cette carte ?
Nous nous concentrerons sur les plages de couleurs qui
reflètent une prévision de variation de pression en une heure. En corrélation
avec les courants verticaux, cette carte de prévision traduit la vitesse des
courants ascendants ou descendants dans l'atmosphère. Plus la variation de
pression en altitude sera importante, plus la vitesse des courants verticaux
sera élevée. Les déplacements des centres d'action en altitude sont également
mieux connus grâce à ce type de carte incontournable dans la prévision
d'orages et d'instabilité. Les déstabilisations des masses d'air sont enfin
mieux perçues.
Autre outil indispensable pour la prévision d'orages :
l'humidité présente en altitude. Cette humidité est un facteur déterminant
dans le déclenchement potentiel d'orages, ce qui influera également sur leur
violence.
Enfin les énergies de convection notamment le CAPE (
apport d'énergie potentielle de convection ) sont tout autant déterminantes
dans la prévision d'orages mais les modèles ne sont fiables pour cela qu'à
courte échéance.
GFS fournit également ce type de cartes :

Nous avons tenu à prendre en compte une explication très
perspicace d'un membre du forum Infoclimat (JeromeR28) :
Concernant la CAPE :lorsqu'une particule est soulevée du
sol (à cause de la convection, par exemple), sa température baisse en suivant
la courbe adiabatique sèche. Lorsque le niveau de condensation est dépassé,
la particule, en continuant son ascension, continue à se refroidir, mais est
obligée de libérer en permanence une partie de sa vapeur d'eau en forme
liquide. La condensation provoque un dégagement de chaleur, appelé : libération
de chaleur latente de condensation. Résultat : la particule ne suit plus la
courbe adiabatique sèche, mais la courbe pseudoadiabatique, qui, elle, est plus
inclinée vers la droite (matérialisant une baisse de température plus faible
que celle d'une particule sèche ou humide). Il arrive que cette courbe coupe le
profil thermique de la troposphère : ça matérialise le niveau de convection
libre . La particule, si elle dépasse ce niveau, continue alors son ascension
vers le haut, sans avoir besoin de convection, jusqu'à ce que sa température
se retrouve plus froide que l'environement : c'est le niveau d'équilibre
thermique, qui est théoriquement le sommet du nuage convectif. Maintenant, en
gardant le même profil thermique de la troposphère, mais en augmentant
l'humidité de l'air au sol, recommençons le parcours d'une autre particule. La
température pseudopotentielle du thermomètre mouillé de ladite particule
(température qu'aurait la particule étant ramenée à 1000 hPa en suivant la
courbe pseudoadiabatique) est donc plus élevée. La courbe de température créée
par cette particule ascendante est donc "plus à droite" que précédement,
à partir du niveau de condensation. Nous avons donc partout dans la couche
instable, une différence entre la température de la particule et celle de
l'environnement plus forte... Le CAPE (calculé
entre le niveau de convection libre et le niveau thermique) est directement lié
à la différence de température de l'environnement et de celle de la
particule. Dans le deuxième scénario, il est donc plus elevé.
En clair, une augmentation du rapport de mélange (ne pas condondre avec
l'humidité relative) dans les très basses couches de l'atmosphère augmente la
valeur du CAPE.
Concernant le Lift Index : le calcul est totalement différent, mais il repose
à la base sur la température de la particule lorsque son niveau de
condensation est atteint. Pour les mêmes raisons que précédement, pour un même
profil thermique, une augmentation du rapport de mélange dans les très basses
couches de l'atmosphère va provoquer l'abaissement de la valeur de l'indice.
Le modèle de prévision CAPE de GFS est donc d'une utilité remarquable dans la
prévision d'orages mais attention, un CAPE élevé ne traduit pas forcément un
risque d'orage fort. D'autres paramètres ( comme nous l'avons vu précédemment
) rentrent en compte !
Les vents et les jets sont aussi des paramètres
importants dans la prévision d'orages...
- Les vents et les jets
Tous les modèles ou presque nous livrent des cartes de
prévisions des vents et des vents en altitude appelés parfois jets. Les
prévisions de vents au sol se font en fonction du gradient isobarique et des
courants d'altitude horizontaux.
Voici une prévision de vent à 10 m du sol du modèle
Nogaps, le principe étant le même pour les autres modèles :

Rien de particulier à comprendre sur cette carte, si ce
n'est qu'elle est à prendre avec prudence vu la fiabilité assez mauvaise en
général à long terme. Néanmoins, elle est complémentaire des cartes jets et
des cartes de pressions à différentes altitudes. Les plages de couleurs
correspondent à la vitesse des vents moyens en nœuds ( à vous de convertir si
vous le souhaitez en km/h ). Les barrettes blanches correspondent aussi à la
vitesse des vents sachant qu'une barrette correspond à 10 nœuds, une demi
barrette à 5 nœuds et une double barrette à 50 nœuds. De plus la direction
des vents est indiqué de par l'orientation de la barrette.
Le côté le "plus long" correspond à la direction du vent. Le vent
se dirige en fait de l'extrémité où sont accrochées les petites barrettes
vers la deuxième extrémité de la longue barrette.
Le modèle ECMWF fournit également une carte de
prévision des vents à 850 hPa en m/s de vent moyen :

En ce qui concerne les vents au sol, les modèles sont une
bonne indication de prévision, à compléter néanmoins avec d'autres cartes de
pression par exemple ou de jets.
Les modèles numériques nous offrent des cartes de vents
à différentes altitude ( 200 hPa ) pour GFS par exemple !

Bon indicateur de la direction des vents à
très haute altitude (200 hPA) ainsi que de leur vitesse, cette carte de
prévision permet d'en savoir un peu plus sur les directions des centres
d'action. La prévision de leur trajectoire peut se faire en partie grâce à ce
type de carte. De plus, après analyse des différentes cartes à différentes
altitude, il est possible d'avoir une petite idée du cisaillement ou des
déstabilisations possibles des masses d'air. Si les courants d'altitude
prennent des directions variables à des altitudes différentes, les flux
pourront être modifiés, les cisaillements intensifiées et la prévision pour
les précipitations ou la création de dépressions explosives par exemple
pourra être plus aisée. La rapidité du jet est également un facteur très
important. Nous ne nous attarderons pas sur les différentes cartes à
différentes altitudes mais sachez que le principe est le même.
L'essentiel des différentes cartes
disponibles sur le net est donc réuni sur cette rubrique. Il est tout de même
bon de savoir qu'il existe d'autres modèles souvent très crédibles
également.
- Quelques compléments
Il est aussi bon de savoir qu'il existe des
modèles d'ensemble comme CEP ou ENS qui peuvent donner des informations
capitales sur la fiabilité de la prévision.
Le modèle d'ensemble CEP est largement
utilisé par Météo France pour élaborer les prévisions à plus de 3 jours :

Sur cette carte sont donnés des
renseignements tels que pression prévue au sol et géopotentiel à 500 hPa. Les
lignes noires correspondent aux pressions prévues au sol, les lignes rouges
représentant le géopotentiel prévu en altitude. Le principe de lecture de ce
modèle est strictement le même que les autres modèles même si la
présentation diffère. Nous avons une idée grâce à cette carte de la
fiabilité de la prévision.
GFS nous propose également différents
scénarios regroupés sous forme de courbe. Ces scénarios, font partie du
modèle d'ensemble ENS et permet ainsi de connaître un peu plus précisément
la fiabilité de la prévision. Chaque scénarios sont envisagées pour des
grandes villes :

Les différentes courbes de couleur
représentent à gauche la température prévue par les différents scénarios
à 850 hPa et à droite la pluviométrie. Plus les courbes sont rapprochées,
plus la fiabilité est bonne. La courbe en gras, de couleur bleue représente le
scénario que le modèle a choisi pour sa sortie. Même chose en bas pour les
prévisions de pluviométrie.
Ce diagramme fournit également plusieurs
données importantes par villes :

Ce diagramme prévoit tout d'abord la
variation de pression ( coure bleue en haut ) ici pour Paris puis également la
vitesse des vents moyens au sol accompagné de leur direction. Troisième ligne,
les températures au sol, le windchill et l'humidex sont également prévus, ce
qui ne sont que des données de confort. Les précipitations et l'humidité sont
également présentées sur ce graphe.
Tous ces outils complémentaires peuvent
apporter un plus à la prévision par villes ou dans la fiabilité de la
prévision.
Vous avez désormais la possibilité
d'essayer d'élaborer vos prévisions, petit à petit, en assimilant les
différentes cartes présentées. Toutes les cartes de tous les modèles
disponibles ne sont bien évidemment pas sur cette page mais l'essentiel se
trouve ici. Vous avez la possibilité de consulter les prévisions de
prévisionnistes amateurs d'Infoclimat en cliquant ici
.
Vous pouvez également vous reporter à la
rubrique modèles d'Infoclimat.
Enfin toutes ces données sont disponibles sur
ce site.