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Bulletin d'Informations Météorologiques
Par Stéphane dimanche 25 avril 2021, 19:14

Printemps ou automne pour ces prochains 10 jours ?

Temps doux devenant de plus en plus humide et frais ? C'est la conclusion qu'on peut poser au regard des modélisations disponibles.
Le temps des prochains 10 jours est déjà présent sur l'Europe.

- situation générale ;
- évolutions générales ;
- prévisions à court et moyen terme.

 

SITUATION GÉNÉRALE :


(cliquez sur la carte pour l'agrandir)

La journée est globalement agréable. Un voile nuageux affecte les régions du sud et une étroite bande pluvieuse s'étire au nord des Pyrénées, du golfe de Gascogne au golfe du Lion. Ailleurs, le Soleil domine très largement.
Les températures remontent, la fraîcheur s'éloigne vers le nord-est de l'Europe.
On peut distinguer 3 blocs de températures homogènes :
- Le premier englobe le Royaume-Uni et l'Irlande. Malgré un Soleil généreux, les températures ont du mal à décoller, seules l'ouest de l'Irlande et un partie de l'Écosse profitent d'une après-midi « printannière ».
- Le second s'établit de l'est de l'Allemagne jusqu'à l'Ukraine et à la Scandinavie (hors carte). Le mercure ne dépasse pas les 10°C, plafonne même sous les 5°C des Pays baltes à la Bielorussie. Les nuages y sont nombreux et des averses sont fréquentes.
- Le troisième ceint des températures très douces et homogènes du sud de la Bretagne à la Roumanie jusqu'à l'Afrique. Seules les régions sous les nuages connaissent une baisse modérée.
On constate que la France est à la croisée des blocs un et trois. Le bloc deux n'est pas très loin, en embuscade.

Bien que mai approche à grand pas, le bloc deux devrait continuer à rôder et peut-être à s'inviter au moins sur une partie nord à nord-est de la métropole.

 

 

La carte du flux à 850 hPa (~ 1500m d'altitude) montre les trois centres d'actions pilotant les trois blocs.
Le premier est centré à l'ouest des îles britanniques. Le flux tournant dans le sens horaire (flèches blanches), il s'agit d'un bloc de hautes pressions. La masse d'air vient du nord, au-dessus de la mer du Nord. Sa trajectoire s'infléchit vers l'ouest de l'Angleterre à la Bretagne et à la Belgique. Les températures sont ainsi plus fraîches sur ces régions. La courbure du flux y est « anticyclonique » (centrée sur les hautes pressions) freinant le développement des nuages. Le ciel est donc dégagé mais frais.

Le second centre d'action est centré loin vers la Russie mais son extension européenne est vaste. Le flux tourne dans le sens anti-horaire, impliquant la présence de basses pressions et une courbure générale cyclonique du flux. La masse d'air provient des mers au-delà du nord de la Scandinavie. De plus, la courbure cyclonique du flux favorise le développement des nuages. Le temps est froid avec des averses.

Le troisième centre d'action est au large du Portugal. Le sens du flux est encore anti-horaire, donc cyclonique. Il pilote une remontée d'air nord africain vers l'Europe, d'où la grande douceur du bloc trois. La courbure cyclonique impactant aussi les régions proches des Pyrénées, la petite perturbation y est favorisée. Le temps est assez plus humide mais les tempéraures restent douces.

Enfin, une zone entre Islande, Groenland et nord de l'Écosse (cercle blanc) est parcourue par un flux très faible et peu influent. Elle sera envahie par des hautes pressions qui réalimenteront le bloc 1. Cette réalimentation permettrait au bloc 2 de se renforcer et de s'approcher du pays une nouvelle fois.


ÉVOLUTIONS GÉNÉRALES :

Le bloc 3 était sur les Grands Lacs nord américains il y a 7-8 jours avant de descendre vers la Floride et de se coupler à un amas convectif. Il a ensuite traversé l'Atlantique sous la forme d'un thalweg incisif avant de s'affranchir des bas géopotentiels pères et de se creuser au large du Portagal où il tournicote depuis environ 3 jours, apportant un réchauffement progressif sur le pays. Cette goutte froide se résorberait dans les 48h prochaines heures en s'enfonçant sur le péninsule ibérique. Puis il serait repris par le bloc 2 permettant à ce dernier une pénétration facilitée vers l'Europe occidentale.

L'ampleur et l'axe de ce thalweg du bloc 2 vers l'Atlantique est encore mal définie. Il peut pointer vers l'Angleterre, nous plaçant sous un flux d'ouest à oues-sud-ouest, avec dégradé thermique nord (plus frais) / sud (plus doux), avec des potentialités humides.
Il peut pointer vers l'Espagne, nous plaçant sous un flux de nord, de sud-ouest près de la Méditerranée et de l'Italie. Les températures seraient alors fraîches et le ciel couvert et par moments pluvieux.

Par ailleurs, le lent comblement du bloc 3 sur l'Espagne et le sud du pays d'une part, et la possibilité d'une poursuite d'un flux de sud-ouest ensuite (thalweg s'axant vers l'Espagne) apporterait des configurations favorables successives à des épisodes pluvieux, voire orageux, en Méditerranée. À ce stade, aucun caractère « d'épisodes méditerranéens » n'apparaît dans les modélisations mais plutôt un temps durablement humide, pluvieux ou crasseux, ponctué d'éclaircies.

Durant ce temps, le bloc 1 sera réalimenté par une nouvelle pulsion subtropicale, modélisée pour l'heure puissante et durable, vers l'Islande et le Groenland, prenant position entre autres dans le « ventre mou » (le cercle blanc de la carte précédente). Un solide blocage « omega » s'établirait, nous plaçant sur son flanc est, froid.
L'interface entre cette pulsion chaude et la descente froide centrée en Scandinavie est elle-aussi incertaine et participe à l'incertitude du temps sensible sur notre pays.

 

 

Sur la carte ci-dessus, l'oméga se dessine (ligne noire), centré sur « A ». Un gros noyau (« bloc 2 ») de bas géopotentiels « B » s'étire par un profond thalweg vers le golfe de Gascogne « C » via la mer du Nord et la Manche. Sur la France, des dégradations temporaires plus ou moins orageuses pourraient alors voir le jour, dans un flux de sud à sud-ouest relativement humide.
Sur le flanc droit (est) de l'omega, des bulles froides glisseront (exemple avec « D », dans un flux de nord (flèche bleue).
En parallèle, les hauts géopotentiels nord africain « E » envoient une dorsale en Méditerranée centrale. Entre ceux-ci et le pied droit de l'oméga, un flux de sud-ouest durable s'établit entre Italie et Espagne (flèche bleue), responsable d'une possible dégradation durable du temps sur ces régions.


 

Ici, la configuration à grande échelle ressemble à la précédente : on retrouve « A », « B », « E » qui sont les centres d'actions principaux. L'oméga est toujours présent sous une forme moins orthodoxe.
En revanche, les interfaces sont beaucoup plus floues. « C » est bien moins incisif et tend mollement vers l'Angleterre. Le flux sur l'Atlantique n'est alors plus de nord mais de nord-ouest, voire même d'ouest-nord-ouest amenant des températures proches des normales avec un temps faiblement pluvieux sur une partie nord de la France. Plus au sud, le flux est d'ouest-sud-ouest anticyclonique, apportant un temps très doux et sec.
« F » est tardif. Sur la modélisation précédente, la bulle froide était déjà reprise par « C ». « F » viendrait alors se positionner à proximité de la péninsule ibérique advectant douceur et humidité sur une partie du pays.


Entre ces configurations reprises à tour de rôle par chaque modèle globaux, les intermédiaires sont envisageables, avec un temps instable sur les reliefs du sud débordant sur les plaines notamment aquitaines. Plus au nord, un temps tout juste de saison, voire un peu frais près de l'Allemagne, avec des perturbations faiblement actives jalonnant la seconde partie de la semaine. A contrario, une perturbation pluvio-instable est aussi possible sur la façade atlantique. Le jeu est ouvert.

 

 

Cette configuration est conforme à la prévision globale des régimes de temps sur l'Atlantique nord, ici celle de Météo-France. La semaine qui s'ouvre demain est amplement dominée par des hautes pressions sur le nord du bassin (GA) ou AR chez IFS ENS EXT d'ECMWF.
Plus tard, la première semaine complète de mai est plus ambigüe. Sur la proposition d'ECMWF, c'est la même tendance. Les hauts géopotentiels seraient en retrait en faveur des bas géopotentiels. Les deux ensembles d'ECMWF et du NCEP s'accordent d'ailleurs sur ce point :

 

 

Cependant, les écarts-types sont très importants et ce flux d'ouest de la moyenne d'ensemble semble être trompeur.


PRÉVISIONS à COURT et MOYEN TERMES :

 

Lundi :
La dépression de surface associée au bloc 3 se décale lentement vers l'est en se comblant lentement. Elle favorisera l'apparition d'un minimum vers les Baléares ou le golfe du Lion.
Il pleuvra donc de l'Aquitaine à Rhône-Alpes et à la Corse. Ces pluies seront plus importantes près des Pyrénées et des Alpes, dans une moindre mesure sur le massif central. Sur les plaines méditerranéennes, le temps sera voilé, parfois franchement couvert, lâchant quelques ondées. Des orages sont possibles. Le vent d'est sera localement fort sur les côtes provençales.

Modélisation de Météo-France d'AROME 03Z forcé par ARPEGE : cumuls pour la journée de lundi.

Modélisation de Météo-France du même AROME 00Z forcé cette fois par IFS : cumuls pour la journée de lundi. Les cumuls sont hétérogènes, la modélisation étant sensible aux forçages globaux.

Ailleurs, le temps restera sec.

Les Tn seront encore fraîches au nord de la Loire, sous les 10-12°C. Sous les 8°C au nord de la Seine, localement 5°C et moins. Au sud, elles seront supérieures à 10°C et même proche des 15°C sur les plaines de l'Aquitaine.

L'après-midi, le mercure dépassera les 20°C des embouchures de la Garonne et de la Loire jusqu'à Rhône-Alpes et le sud de la Bourgogne, parfois proche de 25°C avec des effets de foehn près des Alpes du nord et du nord du massif central. Sur le sud-ouest, les nuages et la pluie empêcheront le thermomètre de monter de plus de quelques degrés par rapport au matin.


Mardi, la dépression de surface viendrait se caler entre la Corse et la Provence, générant de puissantes convergences en mer. Les fortes pluies et orages pourraient déborder sur les zones côtières.
Les pluies se décaleront vers PACA avant de s'évacuer temporairement.

Modélisation des cumuls sur la journée de mardi par ARPEGE, de Météo-France.

Modélisation des cumuls sur la journée de mardi par IFS, d'ECMWF.

Les températures du matin perdront généralement entre un et trois degrés sur la moitié nord. Les thermomètres afficheront de 10 à 15°C au sud.
L'après-midi, la barre des 20°C serait franchie presque partout, excepté en montagne, près des côtes de la Manche et des frontières du nord.


Mercredi, on commence à rentrer dans des incertitudes plus importantes, liées aux positionnements et aux courbures mentionnés plus haut.
Le temps pourrait se dégrader davantage, notamment des Cévennes à Rhône-Alpes où les précipitations pourraient devenir significatives sur cette dernière.

Quantile 90 et 99 d'IFS ENS 00Z couplés à COSMO-2I ENS 00Z. Le signal est présent bien que non majoritaire. Un point important est la durée de ces pluies, sur plusieurs jours, les cumuls deviendraient alors importants.
Ailleurs, les pluies gagneraient vers le nord du pays.
Le matin, avec un temps plus nébuleux et parfois pluvieux, les températures s'homogénéiseraient. L'après-midi, elles perdraient quelques degrés. Les 20°C ne seraient dépasser que localement, notamment du val de Loire au Centre.


Jeudi, les incertitudes s'accumulent. Cependant, la moitié sud-est du pays subirait des pluies, possiblement marquées si le flux s'oriente au sud-ouest cyclonique (cf plus haut) en Méditerranée. Les températures accuseraient une baisse, surtout au nord.

 

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