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Bulletin d'Informations Météorologiques
Par Aurélien lundi 14 mai 2012, 13:10

BIM n°22 du 14 mai 2012

Valable jusqu'au 24 mai 2012

 

Un printemps décidément humide !

 

Tout est dans le titre ! Ce printemps 2012 est pour le moment particulièrement humide sur la France avec une succession de passages pluvieux depuis le début du mois d'avril. Ainsi ce mois d'avril 2012 se classe au 5ème rang des mois d'avril les plus arrosés en France depuis 1959, et se classe même localement au 2ème rang ! Voici la carte du cumul mensuel d'avril 2012 produite par Météo-France, extraite du bilan hydrologique au 1er mai 2012 :

Il est ainsi tombé plus de 75 mm d'eau sur la quasi-totalité du pays, avec même des pointes à plus de 250 mm dans l'ouest du Massif-Central, dans le Pays-Basque et dans les Alpes du Sud !

Revenons-en à ces derniers jours, qui ont été marqués par un coup de chaleur temporaire suivi d'un refroidissement spectaculaire. Afin de rendre compte de cet événement, nous vous proposons de comparer les cartes de la température relevée à 16h les vendredi 11 mai (gauche) et samedi 12 mai (droite) :

La baisse de température en 24h a été spectaculaire, avec souvent 10 à 15°C en moins sur toutesles régions s'étendant du Massif-Central au Nord-Est et au Centre-Est. A Saint-Etienne/Bouthéon, l'écart de température atteint même 18,3°C ! (31,9°C vendredi à 16h, 13,6°C samedi à 16h). Cette transition du chaud au froid s'est faite au moyen d'un front froid au caractère instable avec des orages par endroits, notamment en Franche-Comté, Lorraine, Alsace, ainsi que du Massif-Central aux Alpes. On devine parfaitement la présence du front sur ces 2 cartes : vendredi il était situé dans le nord-ouest, grosso-modo des Ardennes à l'Ile-de-France et aux Pays-de-la-Loire, et samedi des Pyrénées aux Alpes.

La courte période de chaleur aura eu un bel impact sur l'enneigement dans les Alpes et les Pyrénées. Une fonte nivale marquée s'est enclenchée, réduisant ainsi le fort enneigement constaté à haute altitude dans les Alpes. On devine fort bien la neige en place sur l'image MODIS haute résolution de vendredi dernier (11 mai 2012) (ci-dessous à gauche). La fonte des neiges quant à elle se retrouve dans l'évolution de la hauteur de certaines rivières, à l'image de l'Isère à Grenoble avec une montée progressive de la hauteur de l'Isère entre le 8 et le 13 mai (graphique ci-dessous à droite, source vigicrues) :

Intéressons-nous à présent aux prévisions pour les jours à venir... qui s'annoncent encore bien agitées malgré un début de semaine calme. En effet la situation actuelle est caractérisée par un champ de hautes pressions assez fragile sur l'Europe, comme le montre l'analyse du modèle GFS de ce lundi 14 mai 2012 à 00h TU (02h locales) :

C'est donc l'anticyclone A1 qui nous protège, après le passage d'une dépression qui se situe sur le sud de l'Italie. Une nouvelle dépression D1, vaste et creuse, se profile en Mer de Norvège, et s'accompagne d'une perturbation qui touche ce lundi les iles britanniques. Le flux est orienté au nord-ouest à l'arrière, apportant de l'air nettement plus frais. Ce refroidissement va toucher notamment la moitié Nord du pays d'ici mardi et mercredi (nous allons y revenir). On notera surtout l'établissement d'un blocage aux latitudes nordiques, avec un anticyclone sur le Goënland (A2), relié à l'anticyclone atlantique A3, qui provoque déjà un blocage depuis plusieurs jours. On surveillera la dépression D2, qui vue d'aujourd'hui paraît inoffensive, mais dans quelques jours cette dépression se sera frayée un chemin entre les anticyclones A2 et A3 et aura rejoint la dépression D3. Nous aurons alors un joli système dépressionnaire isolé sur le proche Atlantique d'ici la fin de semaine, qui va - on peut le dire - pourrir le week-end de l'Ascension sur l'Europe de l'ouest et notamment la France. Là encore nous allons y revenir dans ce bulletin.

Dans le court terme, un refroidissement à nouveau assez marqué va se produire sur la France, en particulier sur le nord et le nord-est du pays. Voici la prévision de la température à 850 hPa (environ 1500 m d'altitude) pour Paris, établie via le modèle d'ensemble américain :

Le run de contrôle est en rouge et la moyenne des scénarios est en noir (et les scénarios eux-mêmes en couleur). La chute de température d'ici mercredi 16 mai devrait atteindre près de 10°C à Paris comme dans beaucoup de villes du nord et du nord-est de la France. Le front associé à ce refroidissement ne sera pas très actif, mais la traîne d'air froid à l'arrière sera par contre assez active. Ce graphique nous montre également qu'un redoux interviendra rapidement jeudi 17 et vendredi 18 mai. La masse d'air ne devrait visiblement pas se refroidir avant le début de semaine suivante.

Après ce refroidissement, la situation va changer jeudi avec l'approche d'un autre système dépressionnaire sur l'océan Atlantique. Si vous revenez à la précédente carte avec la localisation des centres d'action, ce sont les dépressions D2 et D3 qui vont fusionner pour former ce système dépressionnaire. Voici la situation à 500 hPa prévue par les deux principaux modèles déterministes GFS (gauche) et ECMWF (droite) pour vendredi 18 mai à 00h TU (02h locales) :

Les deux modèles sont en parfait accord avec la constitution de deux blocages anticycloniques puissants : l'un sur l'Atlantique Nord à l'est de Terre-Neuve, et l'autre sur la Russie. Entre les deux, des anomalies négatives circulent lentement. C'ets le système dépressionnaire situé sur le tout proche Atlantique qui va influencer le temps en France les jours suivants. Une advection d'air plus doux mais humide et instable va se produire dans un flux de sud-ouest de plus en plus dynamique. Les premières précipitations sont attendues jeudi soir sur l'ouest du pays, et devraient concerner le reste du territoire vendredi et samedi.

Analysons à présent la situation prévue pour la fin du week-end, avec les mêmes cartes valables pour lundi 21 mai 2012 à 00h TU (02h locales) :

 

Cette fois les modèles ne sont plus tout à fait en accord, bien qu'ils dégagent la même situation synoptique avec des blocages bien identifiés. La goutte froide est toujours bien isolée, au sud-ouest du continent européen. Cette situation ressemble d'ailleurs fortement à celle que nous avons connu fin avril et début mai. Cette anomalie de pression va donc provoquer un flux de sud à sud-ouest cyclonique sur notre pays, avec à la clé de nouvelles précipitations parfois abondantes. Aucune région ne devrait être épargnée au cours de ce week-end de l'Ascension, même le Midi semble bien exposé à un risque de précipitations abondantes. Le caractère orageux des précipitations, sur une bonne partie du pays, est également acquis avec une masse d'air doux et très humide en provenance de Méditerranée. On peut donc s'attendre, vu la configuration, à la formation de systèmes orageux organisés et puissants.

Pour la suite, cette anomalie de basse pression devrait migrer vers l'Est, en Europe centrale, provoquant encore un temps humide et instable sur la France, mais sans doute moins agité. Néanmoins on surveillera la possibilité de retours d'Est pluvieux potentiellement conséquents en début de semaine prochaine (lundi 21 à mercredi 23 mai 2012) au passage de l'anomalie sur nos régions.

Voici pour terminer la vision des modèles d'ensemble américain et européen pour l'échéance +240h (soit jeudi 24 mai 2012 à 00h TU), avec le champ moyen du géopotentiel à 500 hPa (moyenne des scénarios). La sortie ensembliste du modèle GFS se situe à gauche et celle du modèle ECMWF à droite :

 

Les sorties des deux modèles d'ensemble sont, pour une fois, très similaires pour une échéance aussi lointaine - de quoi donner une plus forte crédibilité à ces prévisions. Les cartes font ressortir un blocage anticyclonique nordique solide, permettant l'isolement d'anomalies négatives de pression sur l'Europe centrale. Par ailleurs l'anticyclone atlantique semble bien loin de nos contrées. Ce sont donc des conditions humides qui vont prévaloir sur le territoire européen, sauf au nord. La France pourrait donc continuer à subir des épisodes pluvio-instables ou orageux jusqu'en fin de semaine prochaine. Ce type de blocage peut être durable, c'est pourquoi il n'est pas exclu que cette période de temps humide et instable, débutée en avril, se poursuive jusqu'à début juin, au moins...

En attendant, les passionnés d'orages devraient être servis en seconde partie de cette semaine, pour le pont de l'Ascension, et les sols vont encore pouvoir se recharger en eau. Et dire que l'on parlait de sécheresse il y a 1 mois et demi !

 

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