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Les refroidissements du mois d'octobre
Par Stéphane dimanche 6 octobre 2013, 20:07

Alors que se prépare le premier gros coup de semonce de la future saison froide, je vous propose une petite descente dans les archives à la recherche des 10 plus gros refroidissements brutaux qu'ait connu notre pays en octobre. Quand je dis les dix plus gros, c'est un classement réalisé à partir de moyennes nationales, il est bien évident que certains de ces épisodes ont pu être plus ou moins intenses selon les régions.

 

10 - LA FIN D'OCTOBRE ET L'EFFET KISS-COOL DE NOVEMBRE 2001

Le schéma type de tous nos grands refroidissement va souvent être le même : passage de l'été indien dans un flux de Sud / Sud-Ouest à quelque chose de bien plus frais, souvent pas flux continental. Notre entrée dans le classement ne déroge pas à cette règle. Nous sommes donc à la fin du mois d'octobre 2001, et la France profite encore des derniers relents de l'été dans un beau flux de sud qui a la bonne idée de s'inviter pile pour le week-end et de perdurer un peu sur le debut de semaine suivante :

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A la faveur de l'ensoleillement, le mercure s'envole et approche ou dépasse les 20° sur de nombreuses régions même de la moitié nord. Il fera jusqu'à 20,4° à Dunkerque, 20,2° à Strasbourg, 24,2° à Angers ou encore 25,0° à Gourdon. Mais, et c'est typique de ces situations qui riment avec foehn, c'est l'extrême sud-ouest qui voit le mercure s'emballer jusqu'à 30,7° à Biarritz et 31,0° à Pau, tout ça un 30 octobre ! Trois feuilles de calendrier plus tard, nous sommes le 2 novembre, et les choses ont bien changé. L'anticyclone s'est recentré sur notre pays, le flux à tourné à l'est dans les basses couches, et il n'est plus guère question de bronzette :
 

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Le mercure chute à la faveur des nuits claires : on relève -2,1° à Mont de Marsan où il faisait presque 30° trois jours plus tôt, mais de manière générale c'est tout le pays qui rallume la chaudière : -0,1° à Brive comme à Reims, 2,9° à Orléans, 2,5° à Caen... Le mercure plafonnera l'après-midi à 11/12° sur l'essentiel du pays, et continuera de baisser avec l'installation de phénomènes de basses couches : il ne fera que 7,2° au meilleur de la journée à Troyes et 7,9° à Tours le 4 novembre.

 

9 - LE CHOC DE MI-OCTOBRE 1971

Je l'ai appelé le choc, non pour sa violence qui ne le classe que 9ème de ce classement, mais pour son caractère éphémère : celui-là, il est reparti aussi vite qu'il était arrivé. Allez, plongée dans les archives. Nous sommes à quelques encablures du milieu de mois, et il fait très bon dans une France baignée par un petit flux de Sud-ouest très agréable. Notez l'épée de Damoclès qui s'érige cependant au dessus de nos têtes :

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On relève 20,6° à Paris, 20,7° à Nancy et même 23,8° à Bordeaux comme à Toulouse. Le 16 octobre, les choses ont bien changé : la coulée froide a essentiellement visé l'Europe de l'est, mais le décalage de l'anticyclone permet de rabattre par l'est ses résidus :

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Le gel s'invite sur la plupart des régions : -2,3° à Beauvais, -0,3° à Besançon, et même -3,0° à Vichy. Qui plus est, le mercure peine à monter l'après-midi, où il ne fera par exemple que 9,9° à Paris au meilleur de la journée. Ce coup de fraîcheur brutal ne durera cependant pas, avec le retour d'un rapide flux d'ouest à sud-ouest (carte), repoussant à nouveau le mercure au dessus des 20° un peu partout comme à Strasbourg (20,8° le 19).

 

8 - FIN OCTOBRE / DEBUT NOVEMBRE 1980, DE L'ETE INDIEN AU PLEIN HIVER

Parmi les divers refroidissements que je vous présente, celui-ci a une place particulière. Car s'il ne figure qu'en huitième place de ce classement, c'est seulement parce que j'ai privilégié le caractère "soudain" et que celui-ci s'est étalé un peu plus tranquillement sur plusieurs jours. Néanmoins, c'est probablement l'un des plus violents contrastes thermiques qu'ait connu notre pays en automne : accrochez-vous, car on va passer d'un coup de températures dignes d'une fin septembre à des valeurs inférieures aux normales d'un plein hiver...

Nous sommes donc le 28 octobre 1980, dans un beau schéma d'été indien que vous commencez à connaître :

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Il fait beau et il fait doux : 19° à Dijon (c'est aussi la Tn à Biarritz...) 20° à Dinard et Metz, 21° à St Dizier, 24° à Bordeaux, 27° à Tarbes. Moins d'une semaine plus tard, les choses ont radicalement changé :

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Le mercure s'effondre et passe en dessous des moyennes d'un mois de janvier : -8,4° à Nancy et Vichy, -7,5° à Cognac, et même un extraordinaire -6,6° à Brest. Il ne dégèle pas dans le Nord-Est. En plein après-midi du 4 novembre on relève -1° à Tarbes (où il faisait 27° quelques jours plus tôt) 0° à Deauville et Paris, 1° à Tours et Dijon, 2° à Toulouse. Une véritable tempête de neige balaie le pays, on relève jusqu'à 30cm à Clermont Ferrand, 40cm à Millau, 15 cm à Nantes et Brest, et même 7 cm à Perpignan ! Pour davantage de valeurs sur cet épisode mémorable, voir HistorIC.

 

7 - LA DERNIERE DECADE D'OCTOBRE 1950

A l'inverse de l'épisode précédent, cet épisode ne va pas conduire à des valeurs particulièrement extrêmes, mais sa brutalité est remarquable : on va perdre 6 à 7° à l'échelle du pays tout entier en deux jours. Schéma un peu atypique pour notre démarrage, avec une goutte froide qui traîne sur le Nord-Ouest du pays et qui nous maintient dans un flux de S/SO perturbé :

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Laissons lui quelques heures pour s'évacuer vers l'est comme cela arrive traditionnellement, et vous avez deviné la suite :

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Le 23 octobre, le mercure n'est pas descendu en dessous de 10,5° à Paris, 12,2° à Châteauroux et 12,8° à Toulouse, il fera l'après-midi jusqu'à 20,2° à Lyon et 21,2° à Carcassonne.. Trois jours tard, il gèle au petit matin dans tout le centre et le Nord-Est du pays, et au meilleur de la journée on ne relèvera que 5,3° à Nancy, 6,1° à Vichy et 7,6° au Cap de la Hève...

6 - 1967, UN PETIT COUP DE FRAIS POUR FINIR UN OCTOBRE TROP DOUX

1967, c'est le mois d'octobre trop doux par excellence. Pas un 2006-bis, mais avec 14,4° de Tm moyenne à l'échelle nationale c'est pas le grand frisson de fin d'été. Bref, nous sommes le 26 octobre 1967, et cela fait une semaine que la France profite d'un bon flux bien doux d'O/SO :

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Vous connaissez la chanson : il fait doux, le vent est bien tiède pour la saison, cela fait une semaine que cela dure. A Paris, on n'a relevé que 2 Tx inférieures à 15° depuis le début du mois... Cela va changer, avec cette belle incursion d'air arctique maritime qui s'installe juste derrière :

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Le mercure dépassera à peine les 10° sur la moitié nord pour ce dimanche, le plus souvent sous une pluie bien froide. On ne relève ainsi que 9,9° au plus chaud de la journée à Orléans après 10 Tx > 15° consécutives, idéal pour choper tous les microbes qui traînent.

 

5 - 1997, UNE BAISSE EN DEUX TEMPS

Nous entrons dans la seconde moitié du classement, et pour se faire le nominé est 1997. Je l'appelle la baisse en deux temps, car elle va se faire en deux paliers assez distincts : on va perdre 3° entre le 23 et 25, connaître deux jours de plateau puis perdre à nouveau 4° entre le 27 et le 30. Allez, visite de notre situation au 23 octobre, nous sommes dans un flux de SE anticyclonique :

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Il fait très beau et très bon, en particulier au sud avec 20,0° à Montélimar et 20,6° à Bordeaux. Au nord, la sensation est néanmoins gâchée par endroits avec les phénomènes de basses couches, comme à Orléans par exemple avec 8,3°. Cheminement classique les jours suivants : le superbe décrochage arctique va finir sa course sur l'Europe de l'Est en effleurant à peine notre pays (premier plateau), et se faire ensuite aspirer vers l'ouest avec le décalage de l'anticyclone :

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Le coup de froid s'installe particulièrement dans le centre du pays où les nuits seront claires : on relèvera jusqu'à -9,2° à Clermont Ferrand, -9,0° à Vichy, -8,5° à Nevers ou encore -6,5° à Poitiers. Au plus chaud de la journée du 29, il ne fera que 6,0° à St Etienne, 7,8° à Auxerre et 8,2° à Lille. Pour plus de valeurs, consultez HistorIC !

 

1968 - RECORD DE DOUCEUR FIN OCTOBRE, GRANDE FRAICHEUR DEBUT NOVEMBRE

Le 31 octobre 1968, c'est le 31 octobre le plus doux à l'échelle nationale depuis au moins 1950. Quatre jours plus tard, on était 3° sous les normales d'un début novembre.

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Avouez qu'une fin octobre / début novembre comme ça, pour les passionnés d'été indien, ça a comme on dit de la g****e (paf la modération automatique). Le mercure s'envole à 26,7° à Perpignan, 26,5° à Biarritz, 22,8° à Auxerre ou encore 22,0° à Besançon. Les Cévennes en profitent d'ailleurs pour un petit arrosage express, on relève localement plus de 400 mm en 24 heures en Lozère ! Cet épisode de douceur remarquable a aussi, pour les adhérents que cela intéresse, sa page sur Historic. Nous allons maintenant avancer le compteur de 4 jours, et vous allez voir que la situation à quelque peu évolué :

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C'est de suite autre chose : les 10° ne sont même pas atteints l'après-midi sur un large tiers Nord-Est du pays. Seulement 11° à Toulouse, c'est 13° de moins que trois jours plus tôt...

3 - 1956, ET UNE PLACE SUR LE PODIUM

 

1956 a connu deux très beaux refroidissements en octobre, d'ampleur plus ou moins équivalente. Même s'ils ne sont pas parmi les plus extrêmes, c'est cette collection de deux effets kiss-cool dans le même mois qui place cette année sur la troisième marche de mon podium. Je ne vais pas avoir beaucoup de valeurs à vous présenter, donc on va le faire en quatre cartes. Octobre 1956, c'est l'art d'être passé de ceci :

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A ceci :

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Pour repasser par cette case :

 

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Et PAN !

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A Paris, en Tx : 24,1° le 1er, 10,7° le 7, 21,3° le 23, et 8,9° le 26... Vous avez dit montagnes russes ?

3 - 3BIS : 2012, L'OUBLIE DE LA BANDE

C'est l'oublié de la bande, parce que dans mon post initial j'avais par erreur limité ma formule de recherche aux années antérieures à 2010. Alors que clairement, celui-ci mérite aussi une place.

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Du 17 au 24 octobre, la France connait des conditions anormalement chaudes dans un flux de Sud qui fait remonter l'air chaud directement du Sahara. Il fait jusqu'à 27,6° à Carpentras (avec une Tn extraordinaire de 20,8° !), 26,4° à Epinal, 25,9° à Lons le Saunier ou encore 24,8°à Cambrai. Mais comme vous vous en doutez et peut-être même souvenez, la bascule va être redoutable :

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L'air froid déboule à grand vitesse par le Nord-Est. La neige s'invite en plaine en de nombreuses régions, jusqu'en Provence ! Le 27 octobre, les 10° ne sont plus qu'un souvenir au nord, il ne fera que 6,2° à Dôle, 7,0° à Alençon et Cambrai, 8,4° à Châteauroux. Il gèle sur les deux tiers du pays le lendemain, avec -2,9° à Troyes, -0,7° au Mans. 5,6° à Lyon Bron au plus chaud de la journée, avec un windchill bloqué à 0°, qu'ils sont loin les 25° qui étaient là quelques jours plus tôt !

2 - 2006, UN COUP D'HIVER DANS UN AUTOMNE ESTIVAL

Les dix derniers jours d'octobre 2006 se classent au second rang des plus chauds au niveau national depuis 1950, et on va battre des records décadaires de froid début novembre. Pour replacer dans le contexte, la fin octobre 2006, c'est ce genre de gaietés pour l'ami Philippe :

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On relève ainsi 26,1° à Luxeuil et 27,5° à Carpentras le 26, 23,7° à Dijon et 25,8° à Cognac le 27, 20,3° à Caen, 22,0° à Lons le Saunier et 27,0° à Mont de Marsan le 28, 19,6° à Strasbourg et 23,4° à Bordeaux le 29, 17,1° à Dieppe, 23,1° à Montauban et 26,7° au Luc le 30, 16,8° à Lille et 22,3° à Albi le 31. Deux jours plus tard, l'air froid traverse la ligne Maginot :

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Le 3, le mercure s'effondre à -7,7° au Puy, -1,2° à Melun ; il ne fera l'après-midi que 4,8° à Langres et 5,3° à Epinal au meilleur de la journée, alors qu'on relève encore 16,0° à Montauban. Le lendemain, on relèvera -3,8° à Brive, -2,3° à Auch, -1,7° à Evreux, tandis que le mercure ne dépassera pas 5,5° à St Dizier et 7,8° à Clermont Ferrand l'après-midi.

 

1 - LES COUPS DE TRAFALGAR D'OCTOBRE 2003

Octobre 2003, c'est comme octobre 1956 : deux effets kiss-cool dans le même mois, et qui plus est deux roxxor dans leur genre. Le premier article, il a lieu en début du mois, et on pourrait l'intituler "comment arrêter l'été en deux jours". Parce que oui, le 3 octobre 2003, nous sommes encore en été :

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25,2° au Mans, 24,8° à Troyes, 25,3° à Colmar, 29,3° à Montauban et même 30,1° à Carpentras, oui, on est en été sur cet épisode. On relève même 15,0° de Tn à Langres ! Maintenant, dites vous qu'il ne s'est passé que 24 heures entre la carte d'au dessus et celle-ci :

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Ce déferlement, qui s'accompagne d'un gros coup de vent dans le sud (jusqu'à 169 km/h au Cap Corse), fait chuter les températures et met un terme définitif aux chaleurs anormales de notre été 2003 qui avait voulu perdurer plus que de raison. Le 5 octobre, il ne fait plus que 10,0° à Epinal, 9,7° à Vichy, 11,8° à Gourdon. Oui, on a perdu jusqu'à 15° en 48 heures. Une douceur relative va s'inviter à nouveau sur les jours qui suivent, culminant le 14 octobre. Il fait encore assez doux le 20 octobre, mais cette image va également suffire pour comprendre ce qu'il va se passer :

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Encore 18 à 20° sur une bonne moitié sud, mais on devine que ce n'est plus qu'un sursis. Et ce qui devait arriver arriva, un tout petit peu plus tard on a basculé dans le véritable hiver :

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La neige s'invite, jusqu'en plaine, depuis le Nord-Est jusqu'au Massif Central et au centre du pays. Le 24, le mercure ne dépasse pas 2,6° à Clermont, 4,6° à Nancy Ochey, ou encore 6,5° à Toulouse. La nuit suivante, le gel est presque général : -8,1° à Aurillac, -5,2° à Bergerac, -4,6° à Belfort, -0,4° à Vannes, 1,1° à Marseille Marignane.

Merci à Stéphane pour ses recherches !

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