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Bulletin d'Informations Météorologiques
Par Stéphane mardi 1er janvier 2019, 13:58

Nouvelle année, nouvelles résolutions, nouvelle synoptique ?
 

Avant d’attaquer tambour battant 2019, prenons le temps de mettre en lumière les acteurs qui conditionnent notre météo actuelle. Pour cela, prenons un peu de hauteur avec l’image satellite de ce 1er janvier centrée sur l’Europe.

 



 

- On identifie sans mal un premier complexe dépressionnaire (D1) positionné au niveau de la pointe sud du Groënland avec une anomalie secondaire non loin des Açores (D1’).

- Cette zone de bas géopotentiels ainsi que son caractère très vertical (ou «plongeant») est directement responsable de l’advection de hauts géopotentiels sur l’Europe occidentale et plus particulièrement la France (HGP). Cependant, à cette période de l’année ces hautes pressions ne sont synonymes ni de douceur ni d’ensoleillement. L’absence de dynamisme ayant tendance à bloquer l’humidité en surface alors que les reliefs bénéficient d’un ensoleillement excédentaire.

- Enfin, cela nous conduit au 3ème et dernier acteur de notre temps actuel à savoir le décrochage polaire dont le coeur situé actuellement sur la Scandinavie (D2) va progressivement plonger vers l’Europe centrale. Au gré de sa progression vers les Balkans, ce complexe dépressionnaire va apporter des températures de plus en plus froides sur notre pays. Enfin, on repère également une anomalie secondaire (D2’) responsable d’un temps particulièrement neigeux sur une partie du bassin Méditerranéen et notamment l’Anatolie.

 

Ainsi, la situation actuelle s’inscrit dans la continuité du changement qui a eu lieu en dernière décade de décembre (la 1ère partie du mois ayant été marquée par une circulation zonale). Ci-joint la moyenne de pressions des 10 derniers jours :
 

 

 

Passons désormais au coeur de ce bulletin spécial qui est de s’intéresser à l’évolution synoptique à moyen et long terme. En effet, si du temps est pris pour rédiger ce bulletin c’est que certains éléments commencent à apparaître sur les modèles laissant supposer qu’une situation hivernale plus au moins durable semble se mettre en place à l’aube de cette nouvelle année.

En effet, comme cela avait été effleuré dans l’introduction, la circulation Atlantique qui jusqu’alors nous avait assurée des températures particulièrement douces est en passe d’être totalement interrompue. Marqueur de cette circulation Atlantique, le courant jet qui représente le flux à haute altitude présente désormais un caractère fortement incurvé au sortir du continent américain. Ainsi, le flux d’ouest classique (courant d’ouest vers est) est absent des cartes et cela a minima pour 15 jours. Cela constitue la 1ère des -nombreuses- conditions nécessaires à l’installation de conditions hivernales sur notre pays.

Courant jet du jour ; J+5 ; J+8 avec juste en dessous la température associée (à 850 hPa) :




Au regard de ces cartes on peut dire, sans prendre de risques, que l'on s'oriente vers une 1ère décade de janvier plutôt fraiche et sèche. Pas de flux continental glacial, au moins dans un premier temps, mais un flux à composante polaire maritime frais et probablement nébuleux sans précipitations notables (exception faite de quelques précipitations neigeuses dès les premiers reliefs sur la frange est). Dans cette synoptique, on observera un dégradé classique ouest / est avec probablement une dizaine de degré d'écart entre Brest et Strasbourg.

La prévision à j+8 étant calée, faisons désormais un peu de prospective afin de déterminer si l'on pourra décrocher la timbale au-delà de cette échéance. Pour cela intéressons-nous aux écarts-types autrement dit aux zones d'incertitudes ou au contraire de bonne fiabilité (gauche) ainsi que la moyenne de géopotentiels du modèle européen à J+10 :

 

De prime abord, ces cartes ne semblent pas réellement exploitables et pourtant on peut essayer d'en tirer quelques enseignements :

- 1er élément notable à cette échéance, la faible incertitude au niveau de la dorsale sur le proche Atlantique (le bleu foncé qui pointe le bout de son nez jusqu'en Irlande). On devine que le renouvellement de l'alimentation en haut géopotentiels du dôme de hautes pressions qui nous concerne actuellement devrait continuer à s'opérer à proximité immédiate de la France.

- 2ème élément : l'incertitude plutôt modérée entre Labrador et Groënland (peu d'écarts-types et moyenne robuste). Cela peut laisser penser que le terrain devrait continuer à être propice aux cyclogenèses (en d'autres termes, domination des basses pressions). A contrario, peu d'espoir dans l'immédiat quant à la mise en place d'un anticyclone Groënlandais (AG), synoptique la plus favorable au froid humide... et neigeux.

Une fois que l'on a dit ça, nous ne sommes pas nécessairement plus avancée quant à la prévision sur l'Europe occidentale et à plus forte raison pour la France. C'est maintenant qu'on peut essayer de voir ce qu'il se cache derrière les 2 zones d'incertitudes que sont la zone Islandaise et l'axe Paris-Oslo. Sachant qu'on se trouve sur le long terme, on peut dégager selon moi 3 scénarios à la vue des scénarios du panel.

* 1er scénario : statu quo. Hautes pressions à proximité immédiate de la France, coulée polaire sur l'Europe centrale. Maintien d'un dégradé O/E avec douceur à l'ouest, fraicheur modérée à l'est. Toujours peu ou pas de précipitations.


* 2ème scénario : continuum de la synoptique actuelle avec pour seule variante le décrochage d'une anomalie basse (ici sur la Péninsule Ibérique) qui arriverait à s'isoler du bloc de basses pressions. Cela ne déboucherait pas sur une synoptique hivernale, bien au contraire même en montagne où cette anomalie pourrait advecter un très doux flux de S/SE en altitude. Maintien d'un temps probablement sec à l'exception du pourtour Méditerranéen.

* 3ème scénario : mise en place d'une situation pleinement hivernale avec toujours la présence de l'anomalie mentionnée dans le scénario précédent mais qui cette fois-ci ne s'isolerait pas du bloc principal mais aurait au contraire pour effet de le diriger vers l'Europe occidentale. Associée à une bonne propagation des hautes pressions vers la Scandinavie, on observe alors la mise en place d'un vigoureux flux d'est à tous les étages.

 

Evidemment, vu l'échéance, chacun de ces scénarios connait des variantes pouvant changer plus au moins radicalement le temps sensible mais si on se place à une échelle synoptique et donc dans le cadre d'un placement des grands centres d'action on peut dire que ces 3 scénarios sont les plus représentatifs. Maintenant, au jeu des probabilités, il convient d'être honnête en mentionnant que le dernier et donc le plus hivernal ne tient la corde comme on peut le voir sur le diagramme ci-dessous avec en jaune le scénario n°3 (diagramme de Colmar). Cependant, la récurrence à voir apparaître ce type d'évolution au gré des sorties invite à le prendre en considération.



 
En conclusion, l'absence structurelle de dynamisme sur l'Océan Atlantique associée à une certaine récurrence des sorties hivernales à long terme invite à suivre avec attention les prochaines sorties des modèles. Si l'on se veut pragmatique il est certain que ce scénario n'est pour l'heure majoritaire mais... il n'est pas pour autant inexistant.
Le pragmatique retiendra la probabilité élevée de poursuite de la synoptique actuelle ;
Le rêveur mettra en avant l'invasion polaire massive avec neige par -5° ;
Mais le pragmatique n'a pas toujours raison et le rêveur pas toujours tort ;).

To be continued...

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